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Guerre au Moyen-Orient : un risque de retour de l’inflation importée pour le Maroc

La guerre au Moyen-Orient fait peser de nouvelles incertitudes sur l’économie mondiale et pourrait raviver le phénomène d’inflation importée, notamment dans les pays dépendants des importations énergétiques comme le Maroc.

Selon une analyse d’Allianz Trade, l’escalade des tensions dans la région a déjà provoqué des secousses sur les marchés pétroliers, avec une hausse de plus de 13 % du prix du pétrole, qui a atteint environ 82 dollars le baril début mars.

Une facture énergétique sous pression

Pour le Maroc, importateur net d’énergie, toute hausse durable des cours du pétrole se traduit directement par un alourdissement de la facture énergétique.

Les experts d’Allianz Trade anticipent désormais un prix moyen du baril autour de 70 dollars en 2026, soit une hausse de plus de 15 % par rapport aux estimations précédentes, avec des pics possibles à 85 dollars. Dans un scénario extrême, lié à une perturbation majeure des infrastructures énergétiques ou du transport maritime, le baril pourrait même dépasser 130 dollars.

Une telle évolution pourrait rapidement se répercuter sur les prix des carburants et l’inflation, avec des conséquences directes sur le pouvoir d’achat.

Un dilemme pour Bank Al-Maghrib

Cette situation place Bank Al-Maghrib face à un choix délicat à l’approche de la réunion de son Conseil prévue le 17 mars 2026.

Alors que la décélération récente de l’inflation domestique pouvait ouvrir la voie à un assouplissement monétaire, la hausse potentielle des prix de l’énergie pourrait contraindre la banque centrale à maintenir des taux élevés plus longtemps pour contenir l’inflation importée.

Un tel scénario aurait toutefois des effets secondaires, notamment un coût du crédit plus élevé pour les ménages et les entreprises, ce qui pourrait freiner l’investissement et la consommation.

Des risques sur le financement et l’économie

L’analyse d’Allianz Trade souligne également que les tensions géopolitiques peuvent durcir les conditions de financement sur les marchés internationaux.

Pour un pays comme le Maroc, qui mobilise régulièrement des financements sur les marchés internationaux, cela pourrait se traduire par des coûts d’emprunt plus élevés et une prudence accrue des investisseurs étrangers.

Une issue dépendante de la durée du conflit

L’ampleur de l’impact dépendra surtout de la durée de la crise. Si les tensions restent brèves, la hausse des prix du pétrole pourrait n’entraîner qu’un impact limité sur l’inflation mondiale.

En revanche, un conflit prolongé pourrait provoquer un choc énergétique plus durable, avec des répercussions sur l’inflation, les marchés financiers et la croissance mondiale.

Dans ce contexte incertain, l’évolution du conflit au Moyen-Orient devient un facteur déterminant pour les équilibres économiques et financiers, y compris pour le Maroc.

Avec Le Matin

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