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Les conditions préalables au lancement d’une compagnie maritime nationale

Le souverain Mohammed VI a émis un appel en faveur de la revitalisation de la compagnie maritime nationale, suscitant des interrogations sur les avantages actuels que le Royaume pourrait tirer de la mise en place d’un tel instrument. Quels seraient les implications financières pour l’État, et quelles ressources humaines seraient nécessaires? Najib Cherfaoui, expert en systèmes portuaires et maritimes au Maroc, offre des réponses dans cet article, extrait de Challenge.Contrairement au secteur aérien, le Maroc, qui disposait d’une flotte de fret substantielle jusqu’à la fin des années 1990, dépend désormais largement des armateurs mondiaux pour son transport maritime. Le Roi Mohammed VI préconise la création d’une flotte nationale de marine marchande, puissante et compétitive. Cependant, dans quelle mesure un regroupement de compagnies maritimes nationales pourrait-il réduire la dépendance du Maroc envers les compagnies étrangères?Dans une interview accordée au magazine Challenge, Najib Cherfaoui estime qu’il serait possible d’atteindre immédiatement une couverture de 25% du tonnage import/export, avec une augmentation à 50% d’ici à 2040. Malgré la pression des géants du conteneur, le Maroc a l’opportunité de récupérer sa place légitime dans les flux conteneurisés entre ses propres ports, en réservant l’exclusivité du cabotage conteneurisé aux investissements nationaux.Le potentiel du commerce maritime marocain repose sur le trafic de vracs solides et liquides tels que les engrais, phosphates, charbon, hydrocarbures, acide phosphorique, soufre et ammoniac, totalisant environ 70 millions de tonnes. Cherfaoui souligne que les chargeurs marocains ont une connaissance approfondie de chaque segment de ces marchés et du calibrage optimal des navires correspondants, offrant au Maroc l’avantage de lancer plusieurs compagnies maritimes nationales de fret, solides et compétitives.Interrogé sur les économies de devises que le Royaume pourrait réaliser en lançant sa propre compagnie maritime nationale de fret, l’expert estime qu’elles auraient atteint au moins 1,5 milliard de dollars pour l’année 2023. Il mentionne également qu’une flotte de vingt vraquiers, comprenant des unités de 35 000 tonnes pour les vracs solides, nécessiterait un investissement d’environ 1 milliard de dollars.

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