La sardine devient moins accessible pour les ménages pendant Ramadan

Dans plusieurs villes du Maroc, les consommateurs constatent une augmentation marquée des prix du poisson, particulièrement celui de la sardine, longtemps considérée comme l’un des produits alimentaires les plus abordables pour les ménages.
Selon une analyse rapportée par Finances News Hebdo, certains marchés affichent désormais des prix pouvant atteindre 30 dirhams le kilogramme pour la sardine, notamment à Casablanca. Les autres espèces connaissent également une hausse : le maquereau se vend entre 45 et 50 dirhams le kilo, le merlan autour de 60 dirhams, tandis que le mulet cabot peut dépasser 70 dirhams.
Ces fluctuations varient selon les marchés et les jours, ce qui donne aux consommateurs l’impression d’une forte instabilité des prix, rendant plus difficile l’organisation des achats, surtout pendant le mois de Ramadan, période où la consommation de poisson augmente sensiblement.
Le mois sacré modifie en effet les habitudes alimentaires des ménages. Les familles privilégient davantage les produits frais pour les repas du soir, ce qui exerce une pression accrue sur l’offre disponible sur les marchés. Lorsque les volumes de poisson ne suivent pas cette hausse de la demande, les prix réagissent rapidement.
Les professionnels du secteur expliquent que ces variations sont liées à plusieurs facteurs. Selon un marchand de poissons cité par le magazine, les prix dépendent directement des volumes arrivant sur les marchés chaque matin. Lorsque les quantités livrées sont faibles, les prix augmentent mécaniquement en raison de la loi de l’offre et de la demande.
Outre les volumes de pêche, plusieurs éléments influencent également les prix. Les conditions météorologiques, les périodes de repos biologique, les coûts de transport ou encore les circuits de distribution peuvent affecter l’approvisionnement des marchés. Entre le port et le consommateur final, le poisson passe par différentes étapes, incluant le transport frigorifique, la manutention et la revente intermédiaire, chacune ajoutant un coût supplémentaire.
Le Ramadan agit ainsi comme un accélérateur de tensions sur les prix, la demande se concentrant sur une période relativement courte. Dans un pays où la consommation moyenne de poisson atteint environ 17 kilogrammes par habitant et par an, selon la FAO, toute variation de prix peut rapidement se faire sentir dans le budget des ménages.
Face à cette situation, certains consommateurs réduisent leurs achats, se tournent vers d’autres espèces ou attendent une éventuelle baisse des prix. Pour les commerçants, l’équilibre reste délicat : ils doivent adapter leurs tarifs aux coûts d’achat tout en tenant compte du pouvoir d’achat de leurs clients.
Les professionnels espèrent qu’un retour à un approvisionnement plus régulier permettra de stabiliser les prix dans les prochaines semaines. Cette situation illustre néanmoins la sensibilité du marché du poisson aux variations de l’offre, particulièrement durant les périodes de forte consommation comme le Ramadan.
Avec FNH
