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Lait inflantile cantaminé: rappels massifs chez Nestlé et Lactalis; un fournisseur chinois pointé du doigt!

Depuis la fin du mois de décembre, plusieurs grands groupes de l’agroalimentaire, dont Nestlé, Danone et plus récemment Lactalis, ont procédé à des rappels de laits infantiles dans de nombreux pays, dont la France. En cause, la présence potentielle de la céréulide, une toxine bactérienne susceptible de provoquer des troubles digestifs, parfois sévères, chez les nourrissons. Les marques Picot, Guigoz et Nidal figurent parmi les références concernées.

La céréulide est une toxine produite par certaines souches de la bactérie Bacillus cereus, un micro-organisme largement répandu dans l’environnement, notamment dans les sols. Cette bactérie peut se retrouver dans de nombreux produits alimentaires, en particulier les denrées sèches ou déshydratées comme les céréales, le riz, les farines, les herbes aromatiques, mais aussi certains produits laitiers. Si la majorité des souches de Bacillus cereus ne présentent pas de danger pour la sécurité alimentaire, la céréulide fait figure d’exception en raison de sa toxicité.

Cette toxine se développe au cours de la croissance de la bactérie dans les aliments et présente une particularité préoccupante : elle résiste à la chaleur. Les traitements thermiques classiques, tels que la stérilisation à haute température ou la préparation des biberons, ne permettent pas de la détruire. Cette caractéristique explique la vigilance accrue des autorités sanitaires lorsqu’une contamination potentielle est détectée, en particulier pour des produits destinés aux nourrissons.

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), les intoxications alimentaires liées à Bacillus cereus restent rares et représentent généralement une faible proportion des contaminations détectées dans les aliments ou l’environnement. Toutefois, lorsque des troubles gastro-intestinaux sont observés, la céréulide figure parmi les principales causes identifiées.

Sur le plan clinique, la toxine est qualifiée d’émétique, c’est-à-dire qu’elle peut provoquer des vomissements sévères et persistants. La consommation d’aliments contaminés peut également entraîner des diarrhées, des douleurs abdominales et des malaises, après un délai d’incubation pouvant varier de moins d’une heure à six heures. Dans la majorité des cas, ces symptômes disparaissent en moins de vingt-quatre heures et les formes bénignes demeurent les plus fréquentes.

Néanmoins, des formes graves ont été décrites dans la littérature médicale, notamment chez des populations vulnérables comme les prématurés et les nouveau-nés. Des complications telles que des septicémies, des atteintes hépatiques sévères ou des troubles neurologiques ont été rapportées, bien que le lien direct avec la consommation d’aliments contaminés ne soit pas toujours établi. Ces éléments expliquent la prudence extrême entourant les produits de nutrition infantile.

La succession de rappels observée depuis décembre s’inscrit dans ce contexte sanitaire. Nestlé a été le premier à annoncer, fin décembre, un rappel volontaire de laits infantiles après la détection de Bacillus cereus sur une ligne de production, à la suite d’un problème de qualité identifié sur un ingrédient fourni par un partenaire industriel. Début janvier, le groupe a étendu cette mesure à d’autres références, dans plus de soixante pays.

Le 17 janvier, un rappel de laits infantiles de la marque Dumex, appartenant à Danone, a été annoncé à Singapour à titre de précaution, avant que Lactalis ne procède à son tour, le 21 janvier, au rappel de produits de la marque Picot en France et dans plusieurs pays. Les groupes concernés affirment que ces mesures ont été prises par principe de précaution et que les contrôles disponibles à ce stade n’ont pas mis en évidence de signal sanitaire avéré lié à la consommation des produits rappelés.

Ces rappels en chaîne ont toutefois suscité des inquiétudes parmi les parents et renforcé la vigilance des autorités sanitaires. Plusieurs signalements de symptômes digestifs ont été enregistrés, et une enquête judiciaire a été ouverte en France après le décès d’un nourrisson ayant consommé un lait faisant l’objet d’un rappel, même si le lien de causalité n’est pas établi à ce stade.

Foodwatch, l’association de défense des consommateurs, affirme quant à elle que le fournisseur de l’acide arachidonique mis en cause dans les produits de Nestlé serait basé en Chine. L’association souligne que cette substance, strictement encadrée par la réglementation européenne, ne dispose que d’un nombre limité de fournisseurs à l’échelle mondiale. Elle estime toutefois que cette situation ne saurait exonérer les industriels de leur responsabilité en matière de sécurité sanitaire, de traçabilité et d’information des autorités et des consommateurs.

Cette annonce de plainte intervient dans un climat de vigilance accrue autour des laits infantiles, à la suite de plusieurs signalements de symptômes digestifs chez des nourrissons et de l’ouverture d’enquêtes sanitaires et judiciaires dans certains pays. Les autorités sanitaires poursuivent leurs investigations afin d’évaluer les risques et de déterminer les responsabilités éventuelles, alors que les rappels se multiplient dans un secteur particulièrement sensible en raison de la vulnérabilité du public concerné.

L’affaire met en lumière les enjeux liés à la sécurité des laits infantiles, des produits particulièrement sensibles, ainsi que l’importance des dispositifs de contrôle, de traçabilité et d’alerte dans un secteur où la moindre défaillance peut avoir des conséquences sanitaires et sociales majeures.

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