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Jeux vidéo : le Maroc s’impose comme l’un des marchés les plus dynamiques d’Afrique

Longtemps perçu comme un simple loisir, le jeu vidéo s’affirme désormais au Maroc comme un secteur économique en pleine structuration. Selon le rapport « State of the Industry: African Video Game Report 2026 » publié par SpielFabrique, le marché marocain aurait généré plus de 227 millions de dollars de revenus en 2024, avec des projections avoisinant les 297 millions de dollars à l’horizon 2027, soit une croissance supérieure à 30 % en trois ans.

Cette dynamique repose sur plusieurs facteurs convergents. La démographie d’abord : une population jeune, fortement connectée et familière des usages numériques. L’essor du smartphone ensuite, devenu la principale porte d’entrée vers le gaming. Le segment mobile domine largement le marché, tiré par des jeux accessibles et massivement populaires. En 2024, près de 7 millions de Marocains sont considérés comme joueurs, soit environ un cinquième de la population. Ce chiffre pourrait dépasser 8 millions d’ici 2027.

Les préférences des joueurs reflètent les tendances mondiales. Les jeux de type Battle Royale, à l’image de PUBG, rencontrent un large succès. Les simulations sportives, notamment EA Sports FC, héritier de la licence FIFA, occupent également une place centrale, tout comme les jeux mobiles grand public tels que Candy Crush ou Royal Match. Les consoles, en particulier PlayStation et Xbox, enregistrent un regain d’intérêt, tandis que le gaming sur PC progresse plus progressivement.

À l’échelle africaine, le Maroc figure parmi les marchés les plus importants du continent. Il se classe derrière l’Égypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud, mais devance plusieurs économies régionales. Le marché africain du jeu vidéo, dans son ensemble, affiche une croissance annuelle supérieure à la moyenne mondiale, portée quasi exclusivement par le mobile.

Au-delà des chiffres, c’est le positionnement stratégique du secteur qui évolue. Les autorités marocaines ont identifié le gaming comme une filière porteuse, à la croisée du numérique, de la création et de l’emploi. La mise en place d’événements spécialisés, comme le Gaming Expo, et le lancement de projets structurants tels que Rabat Gaming City traduisent cette ambition de faire émerger un véritable hub régional.

La stratégie nationale s’articule autour du développement d’infrastructures dédiées, du renforcement des formations aux métiers du jeu vidéo et de l’accompagnement des jeunes studios. Des programmes d’incubation et des dispositifs d’incitation à l’investissement visent à transformer une génération de joueurs en créateurs capables de produire des contenus compétitifs à l’international.

Dans ce contexte, le Maroc ne se contente plus de consommer des jeux développés ailleurs. Il cherche désormais à capter une part de la chaîne de valeur mondiale du gaming, en misant sur ses talents, son marché intérieur en expansion et une volonté politique affichée. Le secteur vidéoludique s’affirme ainsi comme l’un des nouveaux terrains d’expression de l’économie numérique marocaine.

Avec L’Economiste

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