Ramadan : après la flambée initiale, les prix se stabilisent mais la pression demeure

Passé le pic d’achats qui précède et accompagne le début du mois de Ramadan, les marchés casablancais retrouvent progressivement un rythme plus apaisé. L’effervescence des deux premiers jours laisse place à un certain rééquilibrage, entraînant un repli partiel des prix de plusieurs produits de large consommation. Toutefois, cette accalmie reste relative, certaines denrées continuant d’exercer une pression notable sur le budget des ménages.
Selon les constats effectués dans plusieurs marchés de la métropole, la demande, traditionnellement concentrée sur les deux jours précédant le mois sacré et la première journée de jeûne, a nettement ralenti dès le troisième jour. Ce reflux s’est traduit par une correction des prix, conformément au mécanisme classique de l’offre et de la demande : les tarifs s’envolent lorsque la consommation s’emballe, puis se réajustent une fois la pression retombée.
Dans le segment des fruits et légumes, plusieurs produits ont enregistré des baisses allant de 50 centimes à 5 dirhams le kilogramme. La tomate, qui dépassait les 8 dirhams avant et au début du Ramadan, se négocie désormais entre 5,50 et 6 dirhams selon la qualité. Le poivron vert est revenu à 11 dirhams après avoir atteint 13 dirhams. Les pommes de terre, les carottes et les haricots verts ont également connu des replis, ces derniers enregistrant l’une des baisses les plus marquées.
Le marché des viandes blanches suit la même tendance. Le poulet, vendu à 21 dirhams le kilogramme à la veille du Ramadan et au premier jour de jeûne, est redescendu à 18 dirhams quelques jours plus tard. Une évolution qui soulage partiellement les ménages, pour lesquels la volaille constitue une source essentielle de protéines durant cette période.
En revanche, la situation demeure tendue pour les viandes rouges et les légumineuses. Les prix de ces produits restent élevés, soutenus par une demande structurellement forte durant le mois sacré. Dans certains quartiers populaires, le kilogramme de viande rouge se maintient autour de 125 dirhams. Les abats, très prisés à la table ramadanesque, affichent également des niveaux élevés : la « t’kalia » avoisine les 70 dirhams, tandis que la tête de bœuf peut atteindre 100 dirhams, voire 110 dirhams lorsqu’elle est vendue désossée.
Chaque année, Ramadan exerce une pression particulière sur le pouvoir d’achat des ménages. La multiplication des repas élaborés et des rassemblements familiaux entraîne une augmentation significative des dépenses alimentaires. Cette hausse saisonnière contribue généralement à un pic de l’indice du coût de la vie durant le mois de jeûne.
Le phénomène s’explique par une hausse soudaine de la demande pour de nombreux produits alimentaires, souvent supérieure à l’offre disponible, ce qui provoque des tensions temporaires sur les prix. Face à cette situation, les ménages ajustent leurs arbitrages budgétaires, réduisant les dépenses non essentielles afin de compenser l’alourdissement de la facture alimentaire.
Si l’accalmie observée sur certains étals apporte un répit, la stabilité durable des prix dépendra de l’évolution de l’offre et de la capacité des circuits de distribution à répondre à la demande tout au long du mois. En attendant, les consommateurs restent attentifs à la moindre variation, dans un contexte où chaque dirham compte davantage que jamais.
Avec Assabah
