Ramadan : face à la flambée des prix, l’OMPC appelle à un contrôle renforcé du marché

Comme chaque année, l’arrivée du mois de Ramadan s’accompagne d’une tension sur les prix de plusieurs produits de grande consommation. Farine, huile, sucre, lait ou encore dattes enregistrent des hausses qui ravivent les inquiétudes des ménages, déjà confrontés à un contexte marqué par l’inflation et l’érosion du pouvoir d’achat.
Si les autorités annoncent régulièrement des dispositifs de contrôle pour prévenir les dérives, la réalité observée sur le terrain laisse apparaître des augmentations jugées excessives par de nombreux consommateurs. Le phénomène semble désormais cyclique : à l’approche du mois sacré et durant ses premiers jours, la demande s’intensifie, entraînant une hausse rapide des prix, parfois difficilement justifiable au regard de la situation des approvisionnements.
Dans un communiqué publié récemment, l’Observatoire Marocain de Protection du Consommateur (OMPC) exprime son inquiétude face à cette nouvelle vague d’augmentations. L’organisation estime que certaines hausses dépassent les fluctuations normales du marché et ne peuvent être expliquées uniquement par le jeu de l’offre et de la demande.
Selon l’OMPC, la stabilité relative des chaînes d’approvisionnement observée ces dernières semaines soulève des interrogations quant aux véritables raisons de ces augmentations. L’Observatoire évoque la possibilité de pratiques spéculatives et d’une exploitation conjoncturelle de la forte demande propre au Ramadan, période où la consommation alimentaire connaît traditionnellement un pic.
Pour l’organisation, le pouvoir d’achat des citoyens constitue une ligne rouge qui ne doit pas être franchie. Elle appelle ainsi à un renforcement des contrôles quotidiens dans les marchés et points de vente, ainsi qu’à un encadrement plus strict des marges bénéficiaires appliquées aux produits de base.
L’OMPC recommande également l’application rigoureuse de sanctions contre les pratiques de monopole et de spéculation. Parallèlement, l’Observatoire invite les consommateurs à jouer un rôle actif en exigeant des factures, en signalant toute hausse injustifiée aux autorités compétentes et, le cas échéant, en boycottant les commerçants impliqués dans des pratiques abusives.
Au-delà des mesures de contrôle, la problématique met en lumière un déséquilibre récurrent entre l’esprit de modération associé au Ramadan et la dynamique commerciale qui caractérise cette période. Entre hausse saisonnière de la demande et dérives opportunistes, le défi reste de concilier fluidité du marché et protection effective du pouvoir d’achat des ménages.
