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Mangues : le Maroc s’apprête à absorber le flux malien, vers une détente des prix

Le marché marocain des fruits exotiques pourrait connaître un bouleversement notable dans les prochaines semaines. Privé de son principal débouché européen, le Mali s’oriente quasi exclusivement vers le Maroc pour écouler sa production de mangues. Une réorientation commerciale qui devrait entraîner une hausse significative de l’offre et, mécaniquement, une baisse des prix.

Selon des acteurs de la filière malienne, les premières expéditions vers le Royaume sont attendues dans environ un mois, au démarrage des récoltes. La campagne s’annonce stable en volume et en qualité, comparable à celle de l’an dernier. Mais la grande différence cette saison réside dans la destination des cargaisons.

L’Union européenne, principal client des mangues maliennes en termes de volumes, a suspendu jusqu’à nouvel ordre ses importations en provenance du Mali. La décision fait suite à l’interception de dizaines de cargaisons lors de la campagne précédente, en raison de la présence de mouches des fruits. Plus de 60 lots auraient été bloqués aux frontières européennes, conduisant à un arrêt prématuré des exportations vers ce marché.

Face à cette fermeture, les producteurs maliens se tournent vers leurs autres partenaires commerciaux, au premier rang desquels le Maroc. La proximité géographique représente un avantage logistique important pour un fruit aussi fragile que la mangue. Produit climactérique, sensible à la chaleur et poursuivant sa maturation après récolte, il nécessite des circuits de transport courts pour préserver sa qualité.

L’afflux attendu pourrait transformer la physionomie du marché marocain. Jusqu’ici, la mangue demeure un fruit relativement onéreux, souvent perçu comme premium. Une arrivée massive de volumes maliens pourrait élargir l’accessibilité du produit à une clientèle plus large, notamment dans les grandes surfaces et les marchés de gros.

Pour les opérateurs marocains, cette situation représente à la fois une opportunité commerciale et un défi en matière de contrôle phytosanitaire. Les autorités européennes ont justifié leur suspension par la présence de parasites tels que Bactrocera dorsalis et Ceratitis capitata, des espèces de mouches des fruits susceptibles d’affecter la qualité des récoltes.

Du côté malien, un plan d’action sur douze mois aurait été engagé par les autorités et les professionnels de la filière afin de renforcer la surveillance, améliorer les systèmes de traitement et éviter la répétition des incidents ayant conduit aux restrictions européennes.

En attendant une éventuelle levée de la suspension par Bruxelles, le Maroc s’impose comme marché de substitution stratégique pour Bamako. Si les volumes annoncés se confirment, le consommateur marocain pourrait bénéficier d’une offre plus abondante et de prix plus compétitifs dès le début de la saison.

Une évolution qui illustre, une fois encore, la sensibilité des marchés agricoles aux décisions commerciales internationales et leur impact direct sur le panier du consommateur.

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