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Immobilier : le marché marocain amorce une reprise progressive en 2026

Après une année 2025 marquée par la prudence des ménages et des investisseurs, le marché immobilier marocain aborde 2026 avec des perspectives globalement positives. Plusieurs indicateurs récents laissent entrevoir un redressement progressif de l’activité, soutenu par une amélioration du contexte macroéconomique et par des mesures publiques visant à stimuler l’investissement et l’accès au logement.

Considéré comme un secteur stratégique pour l’économie nationale et l’aménagement du territoire, l’immobilier semble progressivement sortir de la phase d’ajustement observée ces derniers mois. Les données publiées par Bank Al-Maghrib et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie confirment ce mouvement. En 2025, l’indice des prix des actifs immobiliers a enregistré une légère hausse de 0,6 %, portée principalement par l’augmentation des prix des biens résidentiels, des terrains et, dans une moindre mesure, des biens à usage professionnel.

Le volume des transactions a également progressé, avec une hausse de plus de 3 %. Cette évolution a été particulièrement marquée pour les ventes de terrains et les biens destinés à un usage professionnel, tandis que le segment résidentiel a connu une progression plus modérée.

Pour les professionnels du secteur, ces indicateurs traduisent un retour progressif à une dynamique plus stable. Selon Taoufik Kamil, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers, le marché devrait évoluer en 2026 dans une logique de croissance modérée, avec une progression des prix estimée entre 2 % et 5 % à l’échelle nationale.

Cette évolution reflète, selon lui, une transformation du marché vers un modèle plus rationnel, où les prix sont davantage déterminés par les coûts réels de production que par des logiques spéculatives. Dans les grandes métropoles comme Casablanca et Rabat, les niveaux de prix restent globalement alignés avec le pouvoir d’achat des acquéreurs solvables.

À Casablanca, les appartements neufs de bon standing se situent généralement entre 18.500 et 26.000 dirhams le mètre carré, tandis qu’à Rabat les prix varient entre 20.000 et 29.000 dirhams par mètre carré.

La demande reste structurellement soutenue, portée par la croissance démographique, l’urbanisation continue et les programmes publics d’aide au logement. Toutefois, les comportements des acquéreurs évoluent. Une part importante des recherches se concentre désormais sur des logements de moins de 80 mètres carrés, signe d’un recentrage vers des biens plus accessibles, fonctionnels et bien situés.

Cette évolution contribue à accentuer la segmentation du marché. Le logement économique et le moyen standing constituent aujourd’hui le cœur de la demande réelle, tandis que les petites surfaces conservent une forte attractivité, notamment dans les zones urbaines dynamiques. Les biens de standing et les villas continuent pour leur part de trouver leur clientèle dans certains quartiers résidentiels ou destinations touristiques.

Le financement reste un facteur déterminant dans la dynamique du marché. Les taux de crédit immobilier se situent actuellement autour de 5 % à 5,2 %, dans un contexte marqué par l’approche prudente adoptée par Bank Al-Maghrib. Selon les professionnels du secteur, une variation d’un point de taux peut réduire d’environ 10 % la capacité d’achat d’un ménage, ce qui explique l’importance de la stabilité actuelle pour soutenir la demande.

Pour 2026, le segment résidentiel devrait rester le principal moteur de l’activité immobilière, en particulier le logement économique et le moyen standing dans les grandes agglomérations et leurs périphéries.

L’immobilier touristique représente également un potentiel important, notamment dans des villes comme Marrakech ou Agadir, porté par la dynamique du tourisme et par les investissements liés aux grands événements internationaux, dont la Coupe du monde 2030.

Au-delà des dynamiques de marché, les politiques publiques, les incitations fiscales et les projets d’infrastructures jouent un rôle structurant dans l’évolution du secteur. Pour les professionnels, la consolidation de la reprise passera notamment par la stabilité réglementaire et par une simplification des procédures administratives, afin de renforcer la confiance des investisseurs et de faciliter la concrétisation des projets immobiliers.

Avec MAP

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