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Prix des médicaments : Rahhou veut assurer un revenu minimal garanti pour les grossistes répartiteurs

Le Conseil de la concurrence recommande une réforme du système de fixation des prix des médicaments au Maroc afin de le rendre plus équitable et mieux adapté aux réalités économiques du secteur.

Dans un avis consacré à la distribution des médicaments, l’institution estime que le dispositif actuel, bien qu’il ait amélioré la transparence, fragilise la viabilité des acteurs de la chaîne de distribution et pèse sur la compétitivité de la production locale.

Pour y remédier, le Conseil propose d’introduire un nouveau modèle de rémunération pour les grossistes répartiteurs (EPGR). Celui-ci combinerait une marge proportionnelle au prix du médicament et un forfait fixe par unité distribuée, garantissant ainsi un revenu minimal indépendamment du prix. L’objectif est d’assurer la continuité de l’approvisionnement et la stabilité de ce maillon essentiel du système.

Pour les pharmacies, l’institution recommande également un modèle de rémunération mixte, associant marge commerciale et honoraires de dispensation, afin de mieux valoriser le rôle du pharmacien dans le parcours de soins.

Le Conseil préconise en parallèle une revalorisation des marges sur les médicaments coûteux, afin de garantir leur disponibilité sur l’ensemble du territoire et d’éviter les déséquilibres dans leur distribution.

Autre point soulevé : la nécessité de différencier les médicaments importés de ceux produits localement. Le Maroc enregistre un déséquilibre important dans ce domaine, avec plus de 10,6 milliards de dirhams d’importations contre environ 1,6 milliard d’exportations en 2024, soit un déficit commercial significatif.

Le Conseil recommande aussi d’éviter des révisions systématiques pour les médicaments à très faible prix, jugés essentiels pour l’accès aux soins. Des ajustements trop fréquents pourraient fragiliser leur distribution sans bénéfice réel pour les patients.

Dans la même logique, il propose de réduire la fréquence de révision des prix de cinq à trois ans et d’harmoniser les méthodes utilisées, afin de limiter les écarts avec les marchés internationaux.

Enfin, l’institution suggère de libéraliser les prix des médicaments non remboursables, en laissant le marché jouer son rôle, comme cela se fait dans plusieurs pays.

À travers ces recommandations, le Conseil vise à trouver un équilibre entre accessibilité des médicaments, viabilité économique des acteurs et développement de l’industrie pharmaceutique nationale.

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