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Une pétition relance le débat sur l’heure légale au Maroc

Une pétition diffusée sur les réseaux sociaux remet au premier plan la contestation du régime horaire en vigueur au Maroc depuis 2018, rassemblant déjà plusieurs milliers de signatures et traduisant une opposition persistante à l’heure supplémentaire adoptée de manière permanente, hors période de Ramadan.

À travers ce texte, ses initiateurs appellent les autorités publiques à revenir sur un dispositif qu’ils jugent «non légal» et inadapté aux réalités quotidiennes des citoyens. Ils dénoncent notamment une contrainte imposée aux rythmes de vie, estimant que le maintien de l’heure d’été tout au long de l’année perturbe l’organisation sociale et affecte durablement les conditions de vie.

Au cœur de cette contestation figure la question des déséquilibres chronobiologiques induits par ce régime. Les signataires évoquent un «basculement soudain» qui perturberait l’horloge biologique, avec des répercussions sur le sommeil, la concentration et, plus largement, sur la santé physique et mentale. Ces effets seraient particulièrement perceptibles chez les élèves et les travailleurs contraints de débuter leurs activités dans l’obscurité durant la période hivernale.

Dans leur argumentaire, les auteurs de la pétition mettent en avant la nécessité d’un retour à l’heure légale basée sur le méridien de Greenwich, qu’ils considèrent comme plus conforme à un équilibre de vie stable pour les familles et la société. Ils soulignent que le système actuel, caractérisé par une suspension temporaire de l’heure supplémentaire pendant le Ramadan suivie d’un rétablissement, accentue le sentiment de désorientation en imposant des ajustements répétés.

Face à ces revendications, les autorités maintiennent leur position en défendant les avantages économiques du dispositif. Le maintien de l’heure d’été est notamment présenté comme un levier de maîtrise de la consommation énergétique, en particulier lors des pics de demande en soirée. Il est également justifié par la volonté de réduire le décalage horaire avec les principaux partenaires économiques du Royaume, notamment en Europe, afin de faciliter les échanges commerciaux et les opérations financières.

Cette logique est partagée par certains acteurs économiques, qui estiment que l’alignement horaire contribue à améliorer la compétitivité et l’attractivité du Maroc sur la scène internationale.

Cependant, cette approche continue de susciter une contestation sociale récurrente. Pour de nombreux citoyens, les bénéfices économiques avancés ne compensent pas les contraintes quotidiennes engendrées par ce régime horaire. La pétition s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de remise en question d’un choix perçu par ses opposants comme déconnecté des réalités sociales, ravivant un débat qui, huit ans après son instauration, reste loin d’être tranché.

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