Citroën relance la 2CV en électrique: Stellantis mise sur la nostalgie populaire pour démocratiser la voiture électrique

Stellantis veut ressusciter l’un des symboles les plus populaires de l’automobile européenne. À l’occasion de son Investor Day 2026, le groupe a dévoilé un premier teaser de la future Citroën 2CV électrique, attendue à partir de 2028 avec une ambition claire: proposer une voiture électrique accessible autour de 15.000 euros.
Quelques lignes seulement ont suffi à relancer immédiatement l’imaginaire collectif autour de ce modèle mythique. Capot bombé, phares ronds, ailes débordantes… le teaser joue volontairement sur les codes historiques de la célèbre “Deuche”, l’un des véhicules les plus emblématiques de l’histoire automobile française.
Cette renaissance s’inscrit dans le vaste plan stratégique “FaSTLAne 2030” dévoilé par Stellantis. Le groupe prévoit plus de 60 milliards d’euros d’investissements sur cinq ans, avec plus de 60 nouveaux modèles annoncés, dont 29 entièrement électriques.
L’objectif affiché est d’accélérer massivement l’électrification tout en rendant certains modèles enfin accessibles au grand public européen.
La future 2CV intégrera ainsi une nouvelle catégorie de petites voitures électriques abordables, baptisée “e-car”, soutenue notamment par les orientations industrielles européennes visant à produire des véhicules électriques à bas coût sur le continent.
La production devrait être assurée à partir de 2028 dans l’usine italienne de Pomigliano d’Arco, près de Naples. Un choix stratégique qui traduit la volonté de Stellantis de préserver une base industrielle européenne tout en maîtrisant les coûts de fabrication.
Le futur modèle reposera sur la nouvelle plateforme STLA One, une architecture modulaire pensée pour mutualiser les développements technologiques et réduire les coûts industriels. Cette base technique intégrera notamment des batteries lithium-fer-phosphate (LFP), moins coûteuses que les batteries actuellement dominantes sur le marché.
Stellantis semble ainsi vouloir appliquer à l’électrique la philosophie historique de la 2CV: simplicité, accessibilité et usage pratique du quotidien.
Le constructeur espère également reproduire le succès rencontré ces dernières années par plusieurs modèles néo-rétro européens. Fiat avec la 500 et la Grande Panda, Renault avec les nouvelles R5, R4 et Twingo, ou encore Mini, ont démontré le potentiel commercial de véhicules s’appuyant sur un fort capital affectif et patrimonial.
Mais derrière l’effet nostalgie, l’enjeu sera surtout de rester fidèle à l’esprit originel du modèle.
La véritable 2CV avait été pensée comme une voiture minimaliste, robuste et économique, capable de démocratiser l’automobile dans la France rurale d’après-guerre. Son succès reposait moins sur son design que sur sa capacité à répondre concrètement aux besoins populaires avec une logique de sobriété avant l’heure.
C’est précisément ce défi qui attend aujourd’hui Stellantis: transformer un symbole historique en réponse crédible aux nouveaux enjeux de mobilité.
Car sur le marché actuel, la question du prix reste l’un des principaux freins à l’adoption massive des véhicules électriques. Malgré les progrès technologiques, de nombreux modèles restent encore hors de portée d’une large partie des consommateurs européens.
Avec une cible annoncée autour de 15.000 euros, la future 2CV pourrait donc occuper un positionnement stratégique dans la bataille de la voiture électrique populaire, face notamment à la concurrence chinoise qui progresse rapidement sur les segments d’entrée de gamme.
Reste désormais à savoir si cette future 2CV saura dépasser le simple exercice nostalgique pour retrouver ce qui faisait la force du modèle original: une voiture simple, accessible et profondément adaptée à son époque.
