Maroc : la hausse des carburants relance la flambée des prix des fruits et légumes

Alors que le pouvoir d’achat des ménages marocains est déjà sous pression, la récente hausse des prix des carburants risque d’accentuer davantage l’augmentation des prix des fruits et légumes sur les marchés.
Selon des données issues du marché de gros d’Inezgane, référence nationale en matière de fixation des prix, la majorité des produits agricoles de consommation courante enregistrent des hausses significatives, avec des niveaux parfois inédits.
Des produits de base de plus en plus chers
Parmi les hausses les plus marquées :
Oignons : plus de 300 DH la caisse de 30 kg, soit environ 15 DH/kg au détail
Tomates : environ 100 DH la caisse, avec un prix final entre 5 et 7 DH/kg
Carottes : près de 10 DH/kg
Fruits (pommes, bananes, poires) : entre 20 et 25 DH/kg
Ces augmentations pèsent particulièrement sur les ménages modestes et moyens, rendant certains produits de plus en plus difficiles d’accès, notamment pendant le Ramadan.
Le rôle clé des intermédiaires
Contrairement à certaines idées reçues, cette flambée ne s’explique pas par une baisse de la production agricole. Elle est surtout liée à la multiplication des intermédiaires dans la chaîne de distribution.
Chaque revente entre grossistes et semi-grossistes génère une marge supplémentaire, ce qui entraîne une augmentation cumulative des prix jusqu’au consommateur final. Paradoxalement, les producteurs restent souvent les moins rémunérés dans ce système.
Certaines pratiques, comme la rétention de marchandises, sont également pointées du doigt pour leur rôle dans la spéculation.
L’effet carburant, un facteur aggravant
La récente hausse des carburants, entrée en vigueur le 16 mars, devrait amplifier cette tendance. L’augmentation des coûts de transport et de logistique se répercute directement sur les prix de vente, accentuant la pression sur les marchés.
Vers de nouvelles hausses ?
Les professionnels anticipent déjà de nouvelles augmentations dans les prochains jours, alimentées par :
la hausse des coûts énergétiques
la forte demande liée à la période de Ramadan
les dysfonctionnements dans les circuits de distribution
Face à cette situation, les appels se multiplient pour :
mieux réguler les circuits de distribution
limiter le rôle des intermédiaires
renforcer la transparence dans la formation des prix
L’objectif étant de rééquilibrer la chaîne de valeur au profit des producteurs, des commerçants… et surtout des consommateurs.
Avec Al Akhbar
