
Face à la remontée continue des prix des carburants, la Confédération démocratique du travail (CDT) hausse le ton et appelle à des mesures concrètes pour contenir l’impact sur le pouvoir d’achat. Dans un contexte marqué par la pression inflationniste, la centrale syndicale entend faire de cette question un axe majeur du dialogue social relancé par le gouvernement.
Invité à reprendre les discussions avec l’exécutif, le secrétaire général de la CDT, Khalid Alami Houir, a confirmé la participation de son organisation à la session prévue en avril. Celle-ci intervient à un moment stratégique, à l’approche de la fête du Travail, et doit permettre de remettre sur la table plusieurs revendications, notamment la revalorisation des salaires et des pensions, ainsi que le respect des engagements antérieurs.
Dans un courrier adressé au chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, la CDT met en garde contre les répercussions directes de la flambée des carburants sur les ménages. Elle y dénonce une situation qu’elle qualifie de structurelle, liée à l’évolution des politiques publiques dans le secteur pétrolier, marquées par la privatisation progressive et la libéralisation totale des prix depuis 2015.
Selon la centrale syndicale, cette configuration expose directement le marché national aux fluctuations internationales. À chaque tension sur les cours mondiaux, les prix à la pompe réagissent immédiatement, accentuant la pression sur les consommateurs et fragilisant l’équilibre économique de nombreuses catégories sociales.
Estimant que les dispositifs actuels restent insuffisants, la CDT appelle à une révision en profondeur du cadre de régulation. Deux pistes sont avancées : un retour à une forme d’encadrement des prix ou la mise en place de mécanismes correctifs, tels qu’un allègement fiscal ou des mesures de soutien élargies.
Au-delà de la conjoncture, la centrale pointe également des dysfonctionnements du marché, évoquant des marges jugées élevées et des conditions de concurrence imparfaites. Dans ce contexte, elle plaide pour une intervention publique plus affirmée afin de rééquilibrer le secteur et protéger durablement le pouvoir d’achat.
