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Enquête HCP: 73% de familles mraocaines sont nucléaires; fin de la société traditionnelle?

La structure familiale au Maroc connaît une transformation profonde, marquée par l’essor du modèle nucléaire. Selon les résultats de l’Haut-Commissariat au Plan issus de l’Enquête nationale sur la famille 2025, ce type de foyer représente désormais 73 % des ménages, contre 60,8 % en 1995. Une évolution qui traduit un recentrage autour du couple et des enfants, au détriment des formes élargies.

Cette mutation s’accompagne de plusieurs tendances structurantes. La part des couples sans enfants progresse nettement, atteignant 9,4 %, tandis que la monoparentalité s’établit à 8,8 % des ménages. Dans le même temps, les familles élargies reculent fortement, passant de 35,2 % à 19,8 %, et la cohabitation entre plusieurs générations diminue sensiblement.

Autre signal marquant : la taille des ménages continue de se réduire, passant de 4,6 personnes en 2014 à 3,9 en 2024. Cette évolution entraîne mécaniquement une hausse du nombre de foyers, avec des implications directes sur les besoins en logement, en équipements et en services de proximité, dans un contexte d’urbanisation accélérée.

L’enquête met également en évidence un resserrement des liens familiaux. Si un ménage peut compter en moyenne plusieurs dizaines de parents dans son réseau élargi, le cercle réellement fréquenté reste limité, traduisant une concentration des relations sur les proches immédiats. Ce phénomène est particulièrement visible en milieu urbain.

Parallèlement, l’éloignement géographique des membres de la famille redéfinit les mécanismes de solidarité. La proximité physique recule, laissant place à des formes d’entraide plus hybrides, combinant échanges à distance, communications numériques et transferts financiers.

Malgré ces transformations, la solidarité familiale demeure un pilier. Une part significative des ménages participe à des échanges d’entraide, qu’il s’agisse de soutien financier, de services ou d’accompagnement dans l’emploi. Ces mécanismes révèlent toutefois des disparités, les ménages les plus modestes étant davantage bénéficiaires.

Enfin, l’enquête souligne une évolution des aspirations individuelles, notamment vis-à-vis du mariage. Plus de la moitié des célibataires ne souhaitent pas se marier, invoquant principalement des contraintes économiques, même si la fondation d’une famille reste une référence importante pour ceux qui s’y projettent.

Au total, le modèle familial marocain évolue vers des formes plus restreintes et autonomes, tout en conservant son rôle central de solidarité et de transmission, dans un équilibre désormais plus fragile.

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