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Recettes fiscales : l’IS s’impose en locomotive, mais la dynamique interroge

Le premier trimestre 2026 marque une accélération spectaculaire des recettes fiscales au Maroc, portée principalement par l’impôt sur les sociétés (IS). Selon une analyse relayée par L’Economiste, les encaissements ont atteint 44,9 milliards de dirhams, un niveau proche du total annuel enregistré en 2019, avant la réforme fiscale engagée ces dernières années.
Au cœur de cette performance, la transformation du système fiscal opérée depuis 2023, avec l’objectif d’un taux cible de 20%, dans le respect du seuil minimum de 15% fixé par l’OCDE. Cette réforme repositionne l’IS comme principal pilier des recettes ordinaires, représentant désormais 37,3% du budget général, devant la TVA et l’impôt sur le revenu.
Dans le même temps, l’impôt sur le revenu (IR) recule de 9,7% pour s’établir à 18,9 milliards de dirhams. Une baisse à relativiser, en raison d’un effet de base lié à une opération exceptionnelle de régularisation fiscale en 2025. Hors cet élément ponctuel, la tendance apparaît globalement stable.
La TVA confirme, de son côté, sa place de deuxième source de recettes avec 27,8 milliards de dirhams collectés, en hausse de 6,4%. La progression est particulièrement marquée pour la TVA intérieure (+9,9%), signe d’une consommation relativement soutenue et d’une amélioration des mécanismes de collecte. À l’inverse, la TVA à l’importation progresse plus modestement (+3,3%), traduisant une demande extérieure plus contenue.
Derrière ces performances, un autre phénomène se dessine : l’accélération des remboursements. La Direction Générale des Impôts a restitué 5 milliards de dirhams au titre de la TVA intérieure à fin mars, en hausse de 18,2% sur un an. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie visant à réduire les arriérés et à raccourcir les délais de remboursement, désormais proches de deux mois.
En parallèle, les restitutions liées à l’IS reculent fortement (-39,5%), signe que les stocks accumulés ont été en grande partie apurés. Ce contraste entre TVA et IS reflète les ajustements en cours dans la gestion fiscale, entre modernisation des procédures et assainissement des comptes.
Si la progression des recettes témoigne d’une meilleure efficacité du système et d’une base fiscale élargie, elle soulève aussi des questions sur sa durabilité. La forte concentration des recettes autour de l’IS invite à surveiller l’évolution des prochains trimestres, dans un contexte où les équilibres budgétaires pourraient être redéfinis à moyen terme.
Avec L’Economiste

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