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IA : plus de 1,3 million d’emplois menacés au Maroc d’ici 2030, un choc structurel en vue

Une étude du Centre africain pour les études stratégiques et la digitalisation alerte sur l’ampleur de la transformation du marché du travail au Maroc sous l’effet de l’intelligence artificielle. À l’horizon 2030, le solde net d’emplois menacés dépasserait 1,3 million, dans un contexte où les capacités d’adaptation restent limitées.

Selon le rapport, près de 1,5 million d’emplois seront directement exposés, tandis que 3,1 millions devraient évoluer dans leur contenu. Au total, 4,6 millions de postes seraient concernés par cette mutation. En parallèle, seulement 180.000 emplois numériques pourraient être créés, creusant un déficit significatif.
Cette transformation dépasse la simple disparition d’emplois : elle traduit une recomposition profonde des compétences, des métiers et des chaînes de valeur. Les secteurs les plus exposés sont l’offshoring et les services BPO (près de 30%), suivis de la banque et de l’assurance (22%), de l’industrie automobile (15%) et du textile (14%). Les fonctions administratives et analytiques standardisées figurent parmi les plus vulnérables.
Contrairement aux idées reçues, le niveau de qualification ne protège pas totalement. L’exposition atteint 17% chez les diplômés et pourrait grimper jusqu’à 30% dans certains scénarios, l’IA touchant de plus en plus les tâches cognitives.
Les effets sociaux s’annoncent également marqués. Entre 350.000 et 400.000 emplois occupés par des femmes seraient sous pression, tandis que les jeunes restent particulièrement fragilisés, avec un taux de chômage des 15-24 ans déjà élevé. La transition risque ainsi d’accentuer des déséquilibres existants.
Le principal point de fragilité réside dans le système de formation. Le Maroc ne forme qu’environ 22.000 profils numériques par an, alors que les besoins sont estimés entre 250.000 et 480.000 personnes à former ou reconvertir chaque année d’ici 2030. Cet écart structurel limite la capacité du pays à accompagner la transition vers une économie plus digitale.
Face à ce constat, le CAESD appelle à une stratégie globale articulant formation, transformation des métiers et montée en gamme des secteurs exposés. L’objectif est d’orienter les emplois vers des fonctions à plus forte valeur ajoutée, tout en renforçant les dispositifs de protection sociale et les capacités nationales en intelligence artificielle.
Au-delà du choc annoncé, l’enjeu central reste la vitesse d’adaptation : la transition ne se joue pas uniquement sur le nombre d’emplois détruits ou créés, mais sur la capacité du système économique à absorber une mutation rapide et profonde.
Avec Le Matin

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