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Spéculation sur l’eau : un marché noir en expansion relance les appels à une enquête urgente

La raréfaction de l’eau favorise l’émergence de circuits parallèles de distribution, où des revendeurs informels tirent profit de la vulnérabilité des populations. Malgré les efforts engagés par les pouvoirs publics pour assurer un accès équitable à cette ressource essentielle, des pratiques illégales de revente à des prix élevés continuent de se développer, selon une revue de presse issue du quotidien Assabah.

Le phénomène prend de l’ampleur dans plusieurs zones confrontées au stress hydrique. L’Observatoire marocain pour la protection du consommateur alerte sur la multiplication de ces activités, notamment en période de sécheresse. En dehors de tout cadre réglementaire, ces circuits ouvrent la voie à la spéculation et à une exploitation directe des besoins fondamentaux.

Dans certaines localités rurales, comme autour de Had Soualem, ces pratiques seraient particulièrement répandues. Selon Hassan Aït Ali, les revendeurs informels achètent l’eau à un tarif n’excédant pas 1,80 dirham le mètre cube, pour la revendre jusqu’à 7 dirhams aux populations, générant ainsi des marges importantes. Une situation qui s’inscrit en contradiction avec les orientations nationales visant à garantir une distribution équitable de l’eau.

Le Programme national pour l’eau constitue pourtant le cadre de référence pour répondre aux défis liés à la sécheresse et aux changements climatiques. Il repose notamment sur la diversification des منابع d’approvisionnement, à travers le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées, le renforcement des infrastructures hydrauliques et une meilleure gestion de la consommation.

Malgré ce dispositif, la persistance d’un marché parallèle fragilise l’efficacité des politiques publiques. Ces pratiques contreviennent à plusieurs cadres juridiques, notamment le droit à l’eau garanti par la Constitution, les dispositions relatives à la protection du consommateur et celles encadrant la concurrence et la lutte contre la spéculation.

L’apparition d’intermédiaires non régulés accentue les déséquilibres, en contribuant à une hausse artificielle des prix dans certaines zones. Cette situation met en cause les mécanismes de contrôle existants et soulève des enjeux à la fois sociaux et économiques, dans un contexte de pression croissante sur les ressources hydriques.

Face à ces dérives, des appels sont lancés pour renforcer les dispositifs de contrôle et de sanction. L’enjeu porte également sur une meilleure coordination entre les acteurs impliqués dans la gestion de l’eau, ainsi que sur l’accélération des projets structurants, afin de sécuriser durablement l’accès à cette ressource stratégique.

Avec Assaabah

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