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Baccalauréat : l’explosion des cours particuliers alourdit la facture des familles

À quelques jours des examens du baccalauréat, des centaines de milliers de candidats intensifient leurs révisions dans l’espoir de décrocher le diplôme, souvent avec mention. Dans cette dernière ligne droite, les cours de soutien scolaire sont devenus un passage quasi incontournable pour de nombreux élèves, alimentant un marché parallèle particulièrement dynamique.

Longtemps considérées comme un complément facultatif, les heures de soutien se sont progressivement imposées comme un élément central de la préparation aux examens. Organisés dans des centres spécialisés, à domicile ou en ligne, ces cours mobilisent chaque année des milliers d’enseignants et génèrent des dépenses importantes pour les ménages.

Les matières scientifiques, les mathématiques et les langues figurent parmi les disciplines les plus recherchées. Certains enseignants, réputés pour leurs résultats, attirent un nombre croissant d’élèves et développent une activité devenue particulièrement lucrative, surtout à l’approche des examens nationaux.

Le marché propose aujourd’hui une grande diversité d’offres. Les tarifs varient selon la formule choisie, le nombre d’élèves par groupe et la notoriété de l’enseignant. Dans les grandes villes, les dépenses consacrées au soutien scolaire peuvent atteindre plusieurs milliers de dirhams par mois pour un seul élève, auxquels s’ajoutent souvent les coûts des manuels, supports pédagogiques et abonnements numériques.

Cette situation exerce une pression financière considérable sur de nombreuses familles. Certaines consentent d’importants sacrifices pour financer ces cours, convaincues qu’ils augmentent les chances de réussite de leurs enfants dans un contexte de forte compétition scolaire.

Au-delà de l’aspect économique, ce phénomène soulève plusieurs interrogations sur l’équité du système éducatif. L’accès à un accompagnement intensif dépend largement des moyens financiers des familles, créant des écarts entre élèves selon leur niveau de revenu.

La pratique pose également des questions d’ordre réglementaire. La législation limite en effet l’exercice d’activités lucratives parallèles pour les enseignants du secteur public. Par ailleurs, une partie de ces cours est dispensée dans des locaux non déclarés ou des appartements ne répondant pas toujours aux normes de sécurité et d’encadrement requises.

L’essor continu du soutien scolaire met ainsi en lumière les attentes croissantes des familles en matière d’accompagnement pédagogique, tout en relançant le débat sur la capacité du système éducatif à offrir, dans le cadre scolaire ordinaire, les conditions nécessaires à la réussite de tous les élèves.

Avec Assabah

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