Poulet à moins de 7 DH/kg: une bonne nouvelle pour les consommateurs, mais jusqu’à quand?

Les consommateurs marocains profitent actuellement d’une baisse spectaculaire des prix du poulet. Selon l’Association nationale des éleveurs de poulets de chair (ANPC), le kilogramme de poulet vif se négocie désormais à moins de 7 dirhams à la sortie des élevages, un niveau historiquement bas qui se répercute progressivement sur les prix pratiqués sur les marchés.
Pour les ménages, cette situation représente un soulagement bienvenu dans un contexte où le pouvoir d’achat reste sous pression. Le poulet constitue en effet l’une des principales sources de protéines animales consommées au Maroc, en particulier pour les familles à revenus modestes.
Mais derrière cette baisse des prix se cache une crise profonde qui inquiète les professionnels du secteur. Les éleveurs affirment vendre aujourd’hui largement en dessous de leurs coûts de production, estimés entre 15 et 17 dirhams par kilogramme. Chaque vente génère ainsi des pertes importantes qui fragilisent la trésorerie des exploitations et mettent en difficulté de nombreux producteurs.
L’Association nationale des éleveurs de poulets de chair estime que cette situation résulte de déséquilibres persistants dans le système de commercialisation et dénonce l’absence de mécanismes de régulation capables de protéger les producteurs face aux fluctuations du marché. Les professionnels pointent également les effets de certaines pratiques spéculatives qui contribueraient à accentuer la pression sur les prix à la production.
Si la baisse actuelle profite aux consommateurs, les éleveurs mettent en garde contre les conséquences d’un affaiblissement durable de la filière. En cas de multiplication des faillites ou de réduction des mises en élevage, l’offre pourrait se contracter dans les mois à venir, entraînant à terme une remontée brutale des prix sur le marché.
Pour les ménages, l’enjeu dépasse donc la simple question du prix du poulet aujourd’hui. Il s’agit aussi de préserver une filière capable d’assurer un approvisionnement régulier et des prix stables dans la durée. Les professionnels appellent ainsi les autorités à intervenir afin de rétablir un équilibre économique permettant à la fois de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs et de garantir la pérennité de la production nationale.
L’ANPC réclame notamment l’ouverture d’une enquête sur les mécanismes de commercialisation, un renforcement des contrôles contre les pratiques spéculatives et l’adoption de mesures d’urgence destinées à soutenir les éleveurs les plus fragilisés.
Pour l’heure, les consommateurs bénéficient de prix exceptionnellement bas. Mais selon les acteurs de la filière, la véritable question est de savoir si cette situation peut être durable sans mettre en péril l’ensemble de la chaîne de production.
