Immobilier: baisse des prix et coup de frein sur les ventes au premier trimestre

Le marché immobilier marocain a entamé l’année 2026 sur une note de ralentissement. Selon les données publiées conjointement par Bank Al-Maghrib et l’Agence nationale de la conservation foncière, les prix des actifs immobiliers ont reculé de 0,4% au premier trimestre, tandis que le volume des transactions a chuté de 9,3% sur un an.
Cette évolution touche l’ensemble des segments du marché. Les prix du résidentiel et des terrains ont diminué de 0,6%, alors que les biens à usage professionnel ont enregistré un léger recul de 0,1%. Du côté des ventes, la baisse est plus marquée : -10,7% pour le résidentiel, -6,8% pour les terrains et -3,6% pour les locaux professionnels.
Pour les consommateurs, cette correction des prix constitue une bonne nouvelle après plusieurs années de tension sur le marché. Dans les grandes villes, les baisses observées restent toutefois relativement limitées : -4,7% à Rabat, -3,9% à Tanger, -2,7% à Casablanca et -1,5% à Marrakech. Elles demeurent insuffisantes pour compenser totalement la hausse cumulée des prix enregistrée ces dernières années.
Le véritable signal d’alerte provient davantage du recul des transactions. Les ventes se sont effondrées dans plusieurs grandes agglomérations, avec des baisses dépassant 50% à Rabat et Marrakech et plus de 35% à Casablanca et Tanger. Un indicateur qui traduit une certaine prudence des ménages face aux décisions d’achat.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation : maintien de prix encore élevés dans certains segments, attentisme des acquéreurs, évolution des conditions de financement et arbitrages budgétaires des ménages confrontés à la hausse du coût de la vie.
Pour les candidats à l’accession à la propriété, ce ralentissement pourrait néanmoins ouvrir une fenêtre d’opportunité. Un marché moins dynamique réduit généralement la pression sur les prix et offre davantage de marge de négociation, notamment dans l’ancien.
Les chiffres trimestriels confirment d’ailleurs cette tendance. Par rapport à la fin de l’année 2025, les prix ont reculé de 2,4% tandis que les transactions ont plongé de plus de 40%, signe d’un marché qui cherche encore son nouvel équilibre.
Reste à savoir si cette phase de correction sera temporaire ou si elle marque le début d’un cycle plus durable de réajustement. Pour les consommateurs, l’évolution des taux d’intérêt, des dispositifs de soutien au logement et du pouvoir d’achat des ménages sera déterminante pour la suite de l’année.
