Déchets ménagers: des milliards dépensés, des résultats toujours insuffisants

La gestion des déchets continue de peser lourdement sur les finances des collectivités locales sans parvenir à répondre pleinement aux attentes des citoyens. Malgré des investissements publics considérables engagés au fil des années, de nombreuses villes restent confrontées à des problèmes de collecte, de propreté et de qualité de service, révélant les limites d’un modèle de gestion qui peine à gagner en efficacité.
Interpellé au Parlement, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a reconnu l’existence de difficultés structurelles affectant le secteur. Parmi les principales causes identifiées figurent les contraintes budgétaires des communes, l’insuffisance des mécanismes de contrôle ainsi que les faiblesses dans le suivi des contrats de gestion déléguée conclus avec les opérateurs privés.
Les différents audits réalisés ont mis en évidence plusieurs dysfonctionnements récurrents. Certaines entreprises n’utiliseraient pas les équipements prévus dans leurs cahiers des charges ou recourraient à du matériel vieillissant. Dans le même temps, de nombreuses collectivités ne disposent pas des compétences techniques nécessaires pour assurer un contrôle rigoureux des prestations réalisées sur le terrain.
Les rapports de contrôle soulignent également des anomalies dans l’exécution de certains contrats, notamment des modifications contractuelles accordées sans justification suffisante, des pénalités rarement appliquées ou encore des procédures de passation marquées par une concurrence limitée. Des irrégularités auraient également été relevées dans l’évaluation des quantités de déchets collectées ou des surfaces effectivement nettoyées.
Pour le consommateur-citoyen, ces défaillances ont des conséquences directes. Elles se traduisent par une qualité de service parfois insuffisante malgré l’importance des ressources mobilisées. Au-delà de la question environnementale, c’est aussi celle de l’utilisation efficace de l’argent public qui est posée, alors que la propreté urbaine demeure l’un des services les plus visibles et les plus attendus par les habitants.
Face à cette situation, le ministère de l’Intérieur a engagé un chantier de révision des contrats-types de gestion déléguée afin d’harmoniser les pratiques, renforcer les mécanismes de contrôle et intégrer les recommandations de la Cour des comptes. L’objectif est d’améliorer la gouvernance du secteur et de garantir une meilleure qualité de service aux citoyens, tout en assurant une utilisation plus efficiente des ressources publiques.
Avec Al Akhbar
