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Zakia Eddariy: «Le jour où l’on pourra payer partout par carte, le cash cessera d’être un réflexe»

À l’occasion de la 7ᵉ édition du Moroccan Consumer Day, consacrée au thème « Paiement au Maroc : la révolution en marche », Zakia Eddariy, Directrice Générale de CDM Pay, a défendu une vision pragmatique du développement des paiements électroniques. Pour elle, le principal défi n’est plus de convaincre les consommateurs, mais d’élargir le réseau d’acceptation auprès des commerçants. Une transition qui passe par l’accompagnement, la pédagogie et des solutions adaptées aux réalités du terrain.

Pour CDM Pay, filiale du Crédit du Maroc, le paiement électronique ne se résume pas à l’installation d’un terminal de paiement électronique (TPE). L’entreprise revendique une approche fondée sur l’accompagnement des commerçants dans la durée.

« Notre rôle n’est pas uniquement d’installer un TPE. Nous accompagnons les commerçants pour comprendre leurs besoins, leur évolution et leur proposer les solutions les plus adaptées », explique Zakia Eddariy. Chaque commerçant bénéficie ainsi d’un gestionnaire dédié chargé de le conseiller tout au long de son développement.

Un potentiel encore largement inexploité

Si le Maroc compte aujourd’hui près de 100.000 commerçants équipés de solutions de paiement électronique, ce chiffre reste très inférieur au potentiel du marché, estimé à environ 1,2 million de commerçants.

Pour la dirigeante de CDM Pay, le véritable enjeu se situe désormais du côté de l’acceptation des paiements électroniques.

« Les consommateurs sont déjà largement équipés en cartes bancaires. En revanche, nous devons encore développer fortement le réseau des commerçants capables d’accepter le paiement digital. »

Selon elle, le recours au cash est souvent davantage subi que choisi.

« Lorsque le commerçant n’est pas équipé, le consommateur n’a tout simplement pas le choix et doit payer en espèces. »

Convaincre les petits commerces

L’effort doit désormais porter sur les commerces de proximité, les indépendants et les très petites entreprises, estime Zakia Eddariy.

Pour ces professionnels, le paiement électronique ne doit pas être perçu comme une charge supplémentaire mais comme un investissement.

« Nous ne parlons pas de coût, mais d’un investissement qui se rentabilise dans le temps. »

CDM Pay cherche ainsi à démontrer que l’acceptation des paiements électroniques permet non seulement d’attirer davantage de clients, mais également de mieux piloter son activité grâce aux données générées par les transactions.

« Un commerçant qui fonctionne uniquement avec du cash ne peut pas toujours anticiper son activité. La donnée issue du paiement digital devient un véritable outil de pilotage. »

Le coût caché du cash

Pour Zakia Eddariy, l’un des principaux défis consiste également à mieux faire comprendre le coût réel de l’argent liquide.

« Beaucoup pensent que le cash est gratuit. Pourtant, il existe un coût invisible : coût pour l’économie, coût lié à l’insécurité, coût de l’informalité. »

À cela s’ajoute le manque à gagner commercial.

« Lorsqu’un client entre dans un magasin avec uniquement sa carte bancaire et que le commerçant ne peut pas l’accepter, c’est une vente perdue. »

Le paiement instantané comme prochaine étape

Si le paiement sans contact s’est largement démocratisé — représentant désormais plus de 40 % des paiements par carte selon les chiffres cités par la dirigeante —, Zakia Eddariy considère que la prochaine révolution sera celle du paiement instantané.

Selon elle, ce service répond directement aux besoins des commerçants, en particulier des plus petits, pour lesquels la disponibilité immédiate de la trésorerie constitue un enjeu essentiel.

« Si le paiement digital n’est pas instantané, il devient une charge supplémentaire pour le commerçant. Le paiement instantané est un véritable levier de développement. »

Trois priorités face à la fraude

Enfin, la Directrice Générale de CDM Pay identifie trois axes prioritaires pour renforcer la confiance dans les paiements électroniques.

Le premier consiste à utiliser les nouvelles technologies pour détecter les comportements frauduleux en temps réel.

Le deuxième repose sur la sensibilisation des commerçants et des consommateurs afin de leur permettre de reconnaître les tentatives de fraude et d’adopter les bons réflexes.

Enfin, elle insiste sur la nécessité de renforcer la réactivité opérationnelle.

« Nous ne vivrons jamais dans un monde sans fraude. Notre responsabilité est d’être capables de détecter rapidement les situations suspectes et d’agir immédiatement. »

Pour CDM Pay, l’avenir du paiement électronique ne dépend donc plus uniquement de la technologie, mais de la capacité de l’ensemble des acteurs à accompagner les commerçants, renforcer la confiance et proposer des solutions qui répondent concrètement aux besoins du terrain.

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