Information économique: le HCP menacé de disparition; Lahlimi accuse le PJD!

Peu de gens le savent: quand il est au bureau, Ahmed Lahlimi, Haut Commissaire au Plan (HCP), est appelé M. le Ministre par ses collaborateurs. C’est dire l’importance de cette institution héritière du ministère au Plan, qui était dans les années post-indépendance l’équivalent d’un ministère de l’Intérieur en matière économique.

Aujourd’hui, on dit qu’il y a tentative de tout simplement le zapper pour le réduire à une « simple » agence de statistique, (une sorte de méga service comptable de l’Etat).

Il s’agit de la remise sur la table d’un avant projet de texte de loi prévoyant la création du conseil national de l’information statistique et de l’Agence nationale de la statistique. Une information révélée par L’Économiste qui ajoute que ce texte a été « distribué à différents départements ministériels,  pour avis ».

Dans le détail, « l’avant projet de loi prévoit de remplacer le Haut Commissariat au Plan (HCP) par l’Agence de la statistique. Celle-ci est censée récupérer toutes les prérogatives du HCP. Cette instance serait gérée par un directeur général et un conseil d’administration dont les membres seraient nommés par le chef du gouvernement ».

Aussi, « l’agence de la statistique serait chargée de produire  de l’information économique, démographique et sociale et de l’établissement des comptes de la nation. Elle devrait également élaborer des études dans les domaines de la conjoncture, du cadrage macroéconomique et de la prospective…etc ».

En réaction à cette information, Lahlimi y voit la main cachée du PJD. « L’idée de créer une agence nationale de la statistique n’est, ni plus ni moins qu’une simple « revendication partisane qu’on ressort souvent sous cape en période préélectorale ». Nul besoin ici de rappeler que le PJD est le seul parti à militer pour la création d’une agence nationale de la statistique placée sous la tutelle du gouvernement », rapporte de son côté le360.

Il faut dire que pour Lahlimi les statistiques permettent de jouer un rôle d’opposition soft ou « scientifique ». Chose qui s’est plusieurs fois matérialisée par un face à face entre le gouvernement et le HCP sur la véracité des chiffres de l’un et de l’autre.

La disparition de ce Commissariat signifierait un tour de vis supplémentaire quant à la production et la diffusion de l’information étatique.

Ce serait vraiment dommage pour la démocratie marocaine naissante.

 

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