Soufiane El Khalidy: de Agadir à Hollywood, saga d’une star qui monte

Rien ne le prédestiné à faire carrière dans le cinéma et pourtant. A à peine 33 ans, Soufiane El Khalidy est déjà acteur, réalisateur et scénariste entre Hollywood et le Maroc. Découverte à bâtons rompus.

1) Qui est Soufiane El Khalidy ? 

Soufiane El Khalidy acteur, réalisateur et scénariste

Je suis est né à Agadir, le 22 juillet 1987, je suis le fils aîné de Malika et Larbi El Khalidy, ce dernier est médecin généraliste et ancien lieutenant de l’armée marocaine à la fin des années 80.

Je suis acteur, réalisateur et scénariste. J’ai travaillé sur plus de 60 productions internationales entre 2016 et 2020 comme acteur, cascadeur et membre des départements de production. J’ai également remporté plusieurs prix dans des films aux Etats Unis et dans le reste du monde comme scénariste et réalisateur pour mes courts métrages et scénarios. En 2017, j’ai été accepté sur dossier pour passer les auditions préliminaires afin de faire partie du prestigieux Actor’s Studio présidé par Al Pacino et qui a vu la naissance de plusieurs légendes du cinéma comme Marlon Brando, Jack Nicholson et Robert De Niro ou plus récemment Bradley Cooper.

2) Comment es-tu tombé dans l’univers cinématographique ? 

Mon père a toujours été un grand fan de Clint Eastwood, Paul Newman et Steve McQueen. Un jour, alors que je regardais avec lui le film la Grande Evasion, qui a pour star le King of Cool, aka Steve McQueen, il y avait une scène mythique avec sa Triumph où il tentait d’échapper aux soldats Nazis. Après avoir été encerclé, il décida de sauter avec sa moto une barrière presque infranchissable. J’ai été marqué à vie par cette scène, je voulais lui ressembler. Par la suite, j’ai découvert les maîtres en la matière comme le légendaire Tom Cruise, Jackie Chan, Charlie Chaplin et Buster Keaton.

À l’âge de 8 ans, je découvre ma passion pour le jeu grâce à mon professeur de français, le défunt monsieur Brick, qui m’initie au théâtre amateur à Al Hanane puis à la LFA et le lycée Français d’Agadir, où j’étudie la plupart des grands auteurs européens.

De 7 à 12- 13 ans, Je regardais tous les grands films d’action ou de SF qui passaient à la télé, au cinéma ou sur les VHS que mes cousins louaient, de Robocop sur  » Cinema Lkhamiss » jusqu’à Blade Runner, Bullitt, Heat, Fight Club et lec culte Matrix à la salle Rialto d’Agadir. Cependant, c’est le théâtre amateur et mon amour inconditionnel pour le rocknroll; les concerts et les clips des NIne Inch Nails, Guns N Roses, Led Zeppelin, Lenny Kravitz, Prince qui m’ont incités à creuser encore plus sur le sujet. Je cherchais les Making Of de ces films, le nom des artistes sur les crédits et les masterclass des réalisateurs, que je trouvais à l’époque sur MTV2 ou Paris Première car il ny’avait pas de Youtube à l’époque et surtout l’internet n’était pas terrible. D’ailleurs, J’ai toujours en tête la campagne promo de Mission Impossible 2 avec les interviews des stars du film et les magnifiques clips de Limp Bizkit ( Take a Look Around) et Metallica ( I Disappear). Je voulais apprendre comment ces acteurs réussissaient leurs scènes, je prenais ma petite BMX et j’essayais de répliquer ce que ces maîtres du 7ème art arrivaient à faire avec des motos. Je n’ai réussi aucune, j’avais tout le temps des bleus et des petites coupures (rires).

Après avoir étudié la médecine pendant presque trois ans entre la France et l’Espagne, Je décide de revenir au Maroc afin de décrocher mon bachelor en business à Al Akhawayn.  En 2014, Je reçois une bourse d’excellence Américaine pour les jeunes talents internationaux et je m’envole pour la Floride. j’obtiens mon master en beaux-arts et en production cinématographique de la prestigieuse université Full Sail en mars 2016. Une institution notamment connue pour ses diplômés qui ont remporté plusieurs Oscars, Grammys, Golden Globes et autres BAFTA. De plus, mon premier court-métrage expérimental, « Flags and Masks Down », et mon scénario de vampires « JukeBox Zero », ont tous les deux été sélectionnés par 32 festivals de films à travers les États-Unis et le reste du monde, y compris Los Angeles, New York, San Antonio, Miami, Orlando, Cleveland, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Brésil, Malte et Kenya.

3) Quelles sont tes aspirations cinématographiques ? 

J’aspire à devenir comme mes héros d’enfance, être à la fois, un acteur, scénariste et producteur avec mon propre libre arbitre à choisir les projets que j’aime,  à la manière de Robert Redford, Steve McQueen, Brad Pitt ou Tom Cruise. J’ai d’ailleurs créé ma société de production à Casablanca qui a pour nom ” The MorockNRolla Productions’’ en hommage au film culte de Guy Ritchie, The Rock N Rolla” et à un de mes surnoms qu’on me donnait à Al Akhawayn.

D’ailleurs, depuis le début de ma carrière, je cherche des professionnels qui ont à la fois cette mentalité Américaine du Travailleur acharné, du vrai Winner mais qui ont aussi dans leurs coeurs, cette générosité Marocaine dans laquelle j’ai grandi. Karim Debbagh fût le premier professionnel Marocain à croire en moi et me donner ma chance. J’espère rencontrer d’autres hommes et femmes de sa trempe pour faire avancer ma carrière à l’internationale et créer des productions pour le public qui sont à la fois commercialement rentables et artistiquement intéressantes ».

4) Des réalisateurs préférés ? 

A mes yeux, le plus grand réalisateur de tous les temps reste Stanley Kubrick, mais sur ceux qui sont vivants, je rêverai de bosser un jour avec le dieu vivant du cinéma Américain David Fincher, ou encore Chan Wook Park, Denis Villeneuve, Robert Redford, Paolo Sorrentino, Michael Mann, Nicolas Wending Refn, Guy Ritchie Steve Mcqueen le réalisateur Britannique,  Marco Bellochio, Alejandro Almodovar, Les Wachowskis, Christopher Mcquarrie, Julian Schnabel, Michel Hazanavicius, John Woo, Bong Joon Ho, James Gray, Steven Soderbergh, Ridley Scott, Christopher Nolan, James Mangold…. Il y en a tellement, que ça me prendra des heures pour tous les citer.

5) Tarantino, tu aimes ? Le cinéma marocain, pour toi, ça représente quoi ?

Tarantino, bien sûr ! D’ailleurs, j’aurais rêvé de jouer le rôle de Brad Pitt, Cliff Boot, dans Once Upon A time In Hollywood. Son rôle de cascadeur/ doublure me rappelle un peu mes débuts dans cette industrie. Je me sens aussi proche dans l’attitude, dans le maniérisme à la manière de la star des 60’s, Steve McQueen, dans l’interprétation du personnage.

Je ne suis pas malheureusement un expert du cinéma national mais les quelques films que j’ai vus et qui m’ont plus sont WWW de Faouzi Bensaidi, Sofia de Meryem Benbarek, Ali Zaoua et Chevaux de Dieu de Nabil Ayouch, Rock The Casbah de Laila Marrakchi, Casanegra de Noureddine Lakhmari et mon préféré, l’excellent court métrage Artificio Conceal d’ Ayoub Qanir.

6) Des films cultes? 

Il y en a tellement mais je vais nommer que ceux qui ont marqué une période importante dans ma vie. Le premier est 2001: L’Odyssée de l’espace , Clockwork Orange, Eyes Wide Shut, et Full Metal Jacket tous de Kubrick, Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel, Three Days of The Condor de Sydney Pollack, Tous les films de Sergio Leone, The Great Escape de John Sturges, The Thomas Crown Affair avec Steve Mcqueen et Faye Dunawaye, Le Mans encore une fois avec Steve Mcqueen, Alien et le magnifique Blade Runner de Ridley Scott, Vanilla Sky de Cameron Crowe, The Thing de John Carpenter, Fight Club de David Fincher, Old Boy de Chark Pan Wook, Interview with a Vampire de Neil Jordan, Heat de Michael Mann, Pusher de Nicolas de Winding Refn, Matrix des Washowskis, Traffic de Steven Soderbergh.

7) Des projets au Maroc, à l’étranger ? 

Juste avant le confinement, j’ai été pris comme acteur sur le troisième volet de la franchise allemande ’’Zielfahnder 3”, coproduit par Kasbah Films de Karim Debbagh. J’y incarne un charismatique chef des forces spéciales Marocaines. C’est aussi pour la première fois de ma jeune carrière que je tourne face à un autre acteur Marocain, Younes Bouab, connu pour le film Zero et la série Messiah de Netflix.

J’avais commencé à tourner à Marrakech. Malheureusement à cause de cette pandémie, tout est en standby et si tout se passe bien on continuera le tournage vers la fin de l’année.

Je viens aussi de déposer mon dossier pour un film de fantaisie d’action aux géants Américains Netflix et je développe en ce moment le scénario de mon premier long métrage. Un scénario de fiction basé sur mes expériences passées d’étudiant à Al Akhawayn.

8) Le mot de la fin ? Un conseil à donner à ceux qui nous lisent ? 

Je fête cette semaine mes 15 ans dans l’industrie du showbiz. J’ai commencé tout jeune comme figurant puis doublure à Bordeaux dans les films de Luc Besson après mes cours de médecine.

Après être revenu au Maroc, j’ai été assistant dans des productions Marocaines, rédacteur, journaliste, blogueur mannequin quand j’étais à Al Akhawayn, puis enfin réalisateur, scénariste et acteur quand je suis parti aux US. Je tourne cette année mon 60ème film international en 4 ans qui est aussi mon premier film au Maroc. J’ai vu et appris beaucoup de choses sur la vie durant tout ce temps. J’ai réussi beaucoup de trucs, rencontrer des gens de tous les horizons et j’ai fait aussi des erreurs de jeunesse, parfois de jugements comme toute jeune personne qui se construit. Cependant, j’ai appris à toujours rester respectueux, ouvert, gentil et malgré tout professionnel. Mon conseil aux jeunes. Si des personnes t’attaquent par jalousie ou par incompréhension de ton univers, tourne leur le dos et donne leur un uppercut avec ton travail, ton sérieux car malgré le bordel ambiant qu’est l’amateurisme des milieux artistiques dans notre pays, il y a quand même des professionnels avec un bon coeur, qui vont te soutenir et te pousser à donner plus. Cherche les, trouve les et montre leur ce que tu sais faire. C’est un beau métier, le cinéma, si d’autres ne le font pas par passion, et que c’est juste pour leur ego, tu t’en fiches, tu avances.