Emploi en 2025 : les services confirment leur rôle de moteur du marché du travail

Le marché de l’emploi au Maroc continue de se recomposer autour d’un pilier central : le secteur des services. En 2025, celui-ci s’impose une nouvelle fois comme le premier pourvoyeur d’emplois, confirmant une tendance structurelle déjà bien installée dans l’économie nationale.
Selon la note d’information du Haut-Commissariat au Plan (HCP) relative à la situation du marché du travail, le secteur des services a généré 123.000 nouveaux postes sur l’année. L’essentiel de cette dynamique s’est concentré en milieu urbain, avec 105.000 emplois créés, contre 18.000 en milieu rural, illustrant le poids croissant des activités tertiaires dans les villes.
Finance, services aux entreprises et services sociaux en tête
Dans le détail, la création d’emplois dans les services a été principalement tirée par deux grands segments. Les activités financières, d’assurance, immobilières, scientifiques, techniques, ainsi que les services administratifs et de soutien ont contribué à hauteur de 53.000 postes. À cela s’ajoute la forte progression des services sociaux fournis aux collectivités, avec 46.000 emplois supplémentaires, traduisant une demande soutenue en matière de services publics, sociaux et de proximité.
Le BTP et l’industrie soutiennent la dynamique
Derrière les services, le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) s’est illustré par la création de 64.000 emplois au niveau national. Là encore, le milieu urbain concentre l’essentiel des recrutements (43.000 postes), tandis que le milieu rural enregistre 22.000 créations, confirmant le rôle du BTP comme secteur d’absorption de main-d’œuvre, notamment dans les projets d’infrastructures.
Le secteur industriel affiche également un solde positif, avec 46.000 emplois créés en 2025. Cette progression repose majoritairement sur les zones urbaines (40.000 postes), l’industrie rurale ne contribuant que marginalement (6.000 emplois).
L’agriculture pénalisée par un recul de l’emploi rural
À l’inverse, le secteur de l’agriculture, de la forêt et de la pêche continue de subir les effets des contraintes structurelles et climatiques. En 2025, il enregistre une perte nette de 41.000 emplois au niveau national. Ce recul s’explique par une baisse marquée de l’emploi en milieu rural (-56.000 postes), partiellement compensée par une création de 14.000 emplois en milieu urbain.
Une économie de plus en plus tertiarisée
Ces chiffres confirment une réalité de fond : la tertiarisation progressive de l’économie marocaine. Les services concentrent désormais l’essentiel de la création d’emplois, tandis que l’agriculture recule et que l’industrie et le BTP jouent un rôle de soutien. Une évolution qui pose, à moyen terme, la question de la qualité des emplois créés, de leur stabilité et de leur capacité à absorber durablement une population active en croissance.
