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Crédits à la consommation : deux sociétés de financement piégées par une vaste fraude aux faux dossiers

La course effrénée aux nouveaux clients dans le crédit à la consommation serait en train de se transformer en véritable piège pour certaines sociétés de financement. Selon une revue de presse relayée par le quotidien Assabah, deux sociétés auraient été lourdement escroquées après avoir accordé des crédits sur la base de documents falsifiés, sans que les bénéficiaires ne remboursent la moindre mensualité.

Au total, le préjudice serait estimé à 150 millions de dirhams, révélant les failles d’un système où la concurrence commerciale prend parfois le dessus sur les règles de prudence.

Le scandale éclate après un contrôle interne sur les impayés

D’après Assabah, l’affaire a été découverte à la suite d’une opération de contrôle menée sur des crédits en souffrance et des dossiers d’impayés au sein de l’une des deux sociétés concernées. En examinant les retards de paiement, les responsables auraient constaté une anomalie majeure : de nombreux clients n’avaient jamais versé la moindre mensualité, malgré l’obtention de crédits validés en apparence “réguliers”.

En coordination avec une deuxième société du même secteur, l’enquête interne a permis de constater que cette dernière avait, elle aussi, été victime du même mode opératoire, en retrouvant des dossiers similaires parmi ses créances impayées.

600 dossiers suspects, 150 bénéficiaires, des crédits de 15.000 à 50.000 DH

Les vérifications croisées auraient permis d’identifier environ 600 dossiers de crédit accordés à 150 bénéficiaires, tous reposant sur des justificatifs falsifiés. Les montants des crédits accordés variaient entre 15.000 et 50.000 dirhams par dossier.

Les documents frauduleux concernaient principalement :

  • des attestations de travail et bulletins de salaire,
  • des justificatifs indiquant des revenus mensuels d’au moins 8.000 dirhams,
  • et, dans certains cas, des relevés bancaires utilisés comme garantie.

Selon les éléments rapportés, l’ensemble de ces documents s’est avéré falsifié, permettant aux fraudeurs de passer les contrôles et d’obtenir des crédits sans réelle solvabilité.

Une faille simple : l’absence de vérification CNSS

Toujours selon Assabah, les contrôleurs estiment que l’escroquerie aurait pu être évitée si un minimum de vérification supplémentaire avait été appliqué. L’exemple cité est l’exigence d’un document d’affiliation à la CNSS, qui aurait permis de détecter rapidement l’incohérence des profils déclarés.

Cette imprudence, combinée à une logique de rapidité dans le traitement des dossiers, aurait ouvert une brèche exploitée par plusieurs escrocs, capables d’obtenir des financements sans garanties solides.

Des sociétés plus exposées que les banques

Le quotidien souligne que, contrairement aux banques qui exigent parfois des garanties matérielles (comme une hypothèque pour certains crédits), les sociétés de financement s’appuient surtout sur des documents administratifs pour accorder des crédits à la consommation. Ce modèle les rend plus vulnérables lorsque les contrôles de conformité ne sont pas renforcés.

Une action en justice en préparation

Face à l’ampleur des pertes, le service contentieux des deux sociétés préparerait actuellement une action en justice afin de récupérer ce qui peut l’être et de poursuivre les personnes impliquées dans cette affaire, décrites comme de véritables “escrocs du crédit à la consommation”.

Avec Assabah

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