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Notation : Le Maroc perd son investment grade (S&P)

Après Fitch en octobre 2020, c'est au tour de S&P de dégrader la note du Maroc. La raison invoquée est identique: le déficit budgétaire et la récession, en raison de l'impact de la crise pandémique mondiale sur l'économie.

En avril 2020, S&P avait maintenu l’investment grade du Maroc, malgré la crise.

Ce 2 avril 2021, S&P Global Ratings a abaissé ses notations en devises locales et étrangères à long et à court terme sur le Maroc à «BB + / B» de «BBB- / A-3». Les perspectives sont stables. Elles étaient négatives auparavant.

Dans son analyse, SP rappelle la contraction du PIB en 2021 (qui sera au final de 7,1% environ selon les estimations officielles marocaines actualisées) ainsi qu ele déficit budgétaire. La réduction du déficit sera probablement « lente » estime l’agence de notation.

Pourtant, le Maroc a géré la crise financière née de la pandémie avec une maîtrise reconnue, et la dégradation ds indicateurs macro-économiques a été très limitée comparativement à d’autres pays et même à la moyenne mondiale.

S&P met en avant la hausse des garanties de l’Etat et donc des engagements ce qui pourrait se répercuter à l’avenir sur le budget.

« Les perspectives stables du Maroc reflètent notre attente selon laquelle une reprise économique, parallèlement à de nouvelles réformes structurelles économiques et budgétaires, contribuera à contrebalancer les pressions budgétaires », écrit l’agence.

L’agence ajoute dans ses explications que la note marocaine pourrait s’améliorer « si la transition en cours vers un taux de change plus flexible renforce la compétitivité extérieure du Maroc ». L’on sait en effet que les pays concurrents, par exemple dans l’activité touristique ou les exportations agricoles, ont fortement baissé leurs monnaies, donc leurs prix.

« La révision à la baisse reflète notre vision de la détérioration de la position budgétaire du Maroc, caractérisée par des déficits budgétaires plus élevés que prévu sur la période 2021-2024, la dette publique nette atteignant environ 72% du PIB. Dans le même temps, les risques budgétaires liés aux passifs éventuels liés aux garanties de l’État accordées aux entreprises des secteurs public et privé ont augmenté, à notre avis.

« Les notations restent limitées par un PIB par habitant relativement bas et la détérioration de la situation budgétaire. Les déficits modérés du compte courant, dans un contexte d’élaboration des politiques relativement stable, continuent de soutenir les notations. » L’agence prévoit une croissance de 5% en 2021 et un retour au  niveau de PIB de 2019 en 2022. Le rebond prévu dépendra néanmoins du moment où les effets de la pandémie s’atténueront au Maroc et également chez ses principaux partenaires. Ceci est valable pour le tourisme et pour la plupart des exportations. La perspective d’une très bonne campagne agricole en 2021 est un élément positif.

Le 26 octobre 2020, l’agence Fitch rating avait également privé le Maroc de son investment grade, provoquant des réactions critiques de la part de responsables marocains.

Malgré la perte de l’Investment Grade, élément que les investisseurs internationaux prennent en compte pour pricer la dette d’un pays, Abdellatif Jouahri a affirmé que le Maroc a pu réussir sa dernière sortie dans de très bonnes conditions. « Malgré cette dégradation de Fitch, le marché a réagi très positivement à la sortie du Maroc », avait-il déclaré dans une rencontre avec la presse.

Cette dernière sortie a été selon lui une réussite sur tous les plans et s’est faite dans des conditions bien meilleures que celles de septembre.

Pour rappel, en septembre, le Maroc a levé 1 milliard d’euros sur le marché international pour rembourser une tombée de dette. Avant de revenir sur le marché début décembre en levant un montant record de 3 milliards de dollars.

Le Maroc a prévu un emprunt national d’ici quelques mois, dont les contours ne sont pas précisés.

Source: Medias24

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