Pouvoir d’achat : une érosion plus importante attendue

Au lieu de faire bénéficier les consommateurs de la baisse des prix à l'international, les compagnies pétrolières ont préféré doubler voire tripler leurs bénéfices entre 2015 et 2016.

Si l’enquête HCP sur le moral des ménages fait ressortir un regain de confiance des consommateurs, elle n’explique cependant pas comment ni pourquoi. Une lacune qui risque de jeter le discrédit sur ce type d’enquête surtout au vue de l’actualité qui, elle, ne semble pas du côté des ménages.

En effet, deux secteurs fondamentaux affichent des évolutions de nature à éroder le pouvoir d’achat et de brider la demande. Il s’agit des produits pétroliers et du crédit bancaire.

Pour les premiers, un dossier bien détaillé du magazine Tel Quel sorti récemment, démontre que la décompensation a tout particulièrement profité aux compagnies pétrolières au point que les premières d’entre elles voient leurs bénéfices doubler et tripler entre 2015 et 2016!

Cela veut dire qu’elles avaient bien la possibilité de faire varier les prix à la baisse au profit du consommateur mais ont préféré améliorer leurs marges.

Pour les crédits bancaires, les derniers chiffres Bank Al Maghrib à fin mars 2017 montrent une hausse soutenue des taux. Il s’agit dans le détail d’augmentations de 20 points de base sur les crédits immobiliers,  et de 7 points de base sur les crédits à la consommation.

Un loyer de l’argent plus cher signifie des marges meilleures pour les institutions financières mais en parallèle il est synonyme d’une pression sur le salaire plus forte et un pouvoir d’achat comprimé.

Faut-il applaudir?!