Publicité au maroc

IImpulsion Royale pour la mobilité à Casablanca par DalaL Saddiqui

Les 8 et 9 octobre 2025, Casablanca a été le théâtre des 1ères Assises nationales de la publicité, un rendez-vous inédit placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Une étape décisive dans la réflexion collective sur l’avenir du secteur publicitaire au Maroc pour construire une feuille de route claire pour sa modernisation, sa structuration et sa souveraineté.

Organisées par le Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, les Assises nationales de la publicité se sont tenues sous le thème « État des lieux et perspectives ». Réunissant l’ensemble des parties prenantes du secteur publicitaire marocain : institutions publiques, professionnels de la communication et de la publicité, acteurs médiatiques, agences et annonceurs, experts en numérique et spécialistes en droit… Les deux journées de discussions des assises ont constitué une étape marquante et un jalon fondamental dans le processus de réflexion collective sur l’avenir du secteur publicitaire au Maroc et une occasion privilégiée pour instaurer un espace institutionnel de dialogue, de concertation et d’échanges pour mettre en lumière les principaux défis auxquels le secteur est confronté et examiner les moyens de favoriser son développement.
Un levier économique et culturel
A l’occasion de son mot d’ouverture des travaux de ces Assises, Mohammed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a rappelé qu’« aujourd’hui plus qu’hier nous vivons dans un monde d’image et l’importance de l’image n’est plus à démontrer. Nous vivons dans un monde de concurrence économique accélérée et l’importance de la réputation, de la marque, de la signature n’est plus non plus à prouver».

À la jonction de ces deux dimensions, l’image et l’économie, le ministre a souligné que « le monde de la publicité ne cesse d’évoluer, d’intégrer de nouveaux formats et d’adopter de nouvelles technologies. »
«Et c’est dans ce contexte, et hautement conscients des enjeux économiques et
socio-culturels de la publicité, que s’ouvrent ces Assises», a-t-il poursuivi, précisant qu’elles sont organisées sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’assiste, et constituent une étape cruciale de la mise en place d’un écosystème structuré, transparent et dynamique de la publicité nationale.
Le ministre a salué «l’implication des différents partenaires, opérateurs économiques du secteur publicitaire, institutions et acteurs de la société civile, experts, créatifs, intellectuels», estimant qu’elle «prouve une prise de conscience réelle et la volonté de procéder à la création d’un espace institutionnalisé de débat».
Poursuivant son intervention, M. Bensaid a rappelé que «grâce aux orientations visionnaires de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, notre pays adopte une émergence qui lui est propre, une émergence fondée sur l’humain, la formation, la culture, le capital immatériel et la créativité. Foyer pluriséculaire de civilisations, le Maroc veut faire de ses racines et de sa pluralité culturelle un tremplin de progrès social et de croissance économique. Ces Assises s’inscrivent dans ce cadre».

Un gisement de créativité et d’emplois
Le ministre a souligné qu’elles visent à ajouter aux différentes industries culturelles et créatives, en train de se structurer dans le Royaume, un élément central : la publicité. Et de préciser: «celle-ci n’est pas seulement un foyer de créativité intense, un gisement d’emplois de qualité, un vecteur d’adoption de technologies nouvelles; la publicité est également un des piliers de la souveraineté numérique et médiatique que le Maroc cherche à acquérir et à défendre». Selon lui, la publicité, source d’imaginaire et de réputation, est également plus simplement une source essentielle pour financer les médias et la presse. Or, a-t-il fait observer, «des médias libres et indépendants, qui sont l’essence d’un pays souverain et démocratique, nécessitent des financements transparents, substantiels et souverains. Un secteur publicitaire national fort et autonome permettra de rééquilibrer le rapport aux grandes multinationales et de rediriger une partie des flux financiers vers les entrepreneurs nationaux».
Chiffres à l’appui, M. Bensaid a indiqué que «les industries culturelles et créatives (ICC) représentent désormais 2,7% du PIB contre 2,4% en 2022. Et surtout, cette croissance quantitative se traduit par des emplois nombreux, inclusifs et de qualité, à savoir 140.000 employés dans les ICC, dont un tiers sont des femmes».
Et de rappeler que «les ICC à l’échelle mondiale sont le premier employeur des jeunes, et notre jeunesse marocaine, éduquée et connectée, est dans ce contexte un atout indéniable».
Le ministre a affirmé que «notre objectif, qui est de porter la part des ICC à 5 % du PIB d’ici 2030, est donc largement réalisable. Cette ambition marocaine, et au vu de la richesse créative de notre jeunesse et de nos opérateurs économiques, est à portée de main. Cette ambition marocaine est également une vitrine et un modèle pour l’ensemble du continent africain».
D’ailleurs en ce qui concerne notre continent, M. Bensaid a relevé que « la culture des pays du Sud, nos musiques, nos designs… alimentent les ICC globales et la publicité mondiale en particulier. Cette fuite des imaginaires doit cesser. Notre créativité doit servir en premier lieu à alimenter nos propres ICC et notre publicité en particulier».
Et d’insister : «Nos valeurs doivent par ailleurs trouver dans la publicité un vecteur de transmission et de valorisation efficace: inclusion, égalité des genres, lutte contre les disparités sociales et spatiales».
Le ministre a affirmé qu’un secteur publicitaire national dynamique est un facteur d’inclusion et de consolidation du lien social et que telle est la vision qui habite ces premières Assises nationales de la publicité
Cette introduction a permis de poser le cadre des discussions, en liant clairement croissance économique et développement culturel, et en mettant l’accent sur le rôle de la publicité comme moteur de souveraineté et de dynamisme créatif.

Vers un modèle marocain de publicité
L’ensemble des discussions a rappelé que la publicité est un levier stratégique pour l’économie et la culture. Elle soutient les industries créatives, contribue à la visibilité des entreprises locales et joue un rôle majeur dans la diversité culturelle. Les recommandations adoptées ouvrent la voie à un marché publicitaire marocain moderne, structuré et souverain, capable de relever les défis du numérique et de soutenir le développement économique et culturel du pays.
Le ministre de la Communication, M. Bensaïd, a confirmé cette lecture, notant que «les débats et les réflexions qui suivront, appuyés sur les travaux préparatoires, devront sortir des recommandations, des normes et des perspectives : une feuille de route claire et ambitieuse qui entraînera l’ensemble des énergies concernées» et de rappeler que l’ensemble des travaux préparatoires, y compris les échanges et recommandations de ces Assises, seront consignés et publiés sous forme d’un recueil de référence, véritable mémoire collective du secteur publicitaire national pour les années à venir.

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