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Remboursements médicaux : retards et blocages administratifs fragilisent les assurés

La gestion des remboursements médicaux par l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) suscite de vives critiques, alors que de nombreux assurés dénoncent des dysfonctionnements persistants aux conséquences parfois lourdes sur leur accès aux soins. En cause principalement : des retards prolongés dans le traitement des dossiers et des listes de médicaments jugées obsolètes.

Selon Al Akhbar, cette situation plonge des milliers d’assurés dans une précarité administrative croissante, les contraignant à assumer des dépenses médicales élevées en attendant des remboursements incertains. Des dossiers pourtant complets, concernant souvent des pathologies chroniques ou nécessitant des traitements continus, resteraient en attente pendant des semaines, voire des mois, sans information claire sur les délais de traitement.

Les assurés concernés pointent également l’opacité des procédures et la difficulté d’obtenir des réponses auprès de l’administration. À ces retards s’ajoute un autre facteur de blocage : le non-remboursement de certains médicaments prescrits, au motif qu’ils ne figurent pas sur des listes qui n’auraient pas été régulièrement actualisées pour tenir compte des avancées thérapeutiques.

Pour plusieurs observateurs, ces difficultés ne relèvent pas de dysfonctionnements ponctuels, mais traduisent un problème structurel. L’ANAM est ainsi accusée d’un formalisme excessif, dans lequel la stricte application des procédures administratives l’emporte sur la prise en compte de l’urgence médicale et des situations sociales des patients.

Cette rigidité administrative, dénoncent les professionnels de santé et les défenseurs des droits des assurés, détournerait l’institution de sa mission première. Conçue comme un outil de protection sociale, l’Agence se transformerait, dans certains cas, en obstacle supplémentaire à l’accès aux soins, notamment pour les personnes atteintes de maladies nécessitant des traitements coûteux ou innovants.

La crise soulevée interroge plus largement la gouvernance du système d’assurance maladie, à un moment où le Maroc affiche l’ambition de généraliser une couverture sociale équitable et efficace. Pour les acteurs concernés, une réforme apparaît urgente. Elle passerait notamment par la fixation de délais légaux contraignants pour le traitement des dossiers, une révision régulière et transparente des listes de médicaments remboursables, ainsi qu’une meilleure prise en compte de l’impératif de soin dans les décisions administratives.

Avec Al Akhbar

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