CAN 2025 : quand la ferveur sportive fait battre le cœur du commerce urbain

À mesure que la Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’installe dans le quotidien des Marocains, la ferveur ne se limite plus aux stades et aux fan-zones. Elle déborde dans les rues, les marchés et les boutiques, transformant le commerce de proximité en l’un des premiers baromètres de l’enthousiasme populaire.
Depuis le coup d’envoi de la compétition, le 21 décembre, la demande en produits aux couleurs nationales connaît une nette accélération. Maillots, drapeaux, écharpes et accessoires s’imposent dans les vitrines comme sur les étals, traduisant une mobilisation collective qui dépasse le simple cadre sportif. Dans les grandes villes comme Rabat, Casablanca, Kénitra ou Fès, les commerçants évoquent une activité soutenue, rythmée par les performances de l’équipe nationale et l’intensité du calendrier des matchs.
Un marché saisonnier porté par l’émotion
Sur les marchés populaires comme dans les boutiques spécialisées, le constat est unanime : la CAN agit comme un puissant déclencheur de consommation. Les supporters cherchent à afficher leurs couleurs sans attendre, parfois dès les heures précédant les rencontres, parfois à plusieurs reprises au fil d’une même journée. L’achat devient un geste quasi rituel, une manière de s’approprier l’événement et d’entrer pleinement dans la compétition.
Cette dynamique bénéficie à toute une chaîne d’acteurs, des ateliers de confection aux revendeurs, en passant par les petits distributeurs de quartier. Si les maillots et les drapeaux restent les produits les plus demandés, l’édition 2025 se distingue par l’émergence d’articles plus travaillés. Capes rouges brodées à la main, tarbouchs revisités, vestes et capuchons aux couleurs nationales rencontrent un succès notable, notamment auprès des Marocains résidant à l’étranger et des jeunes consommateurs en quête de différenciation.
Le digital en renfort du commerce traditionnel
La CAN agit également comme un accélérateur du commerce en ligne. Sur les réseaux sociaux, les initiatives entrepreneuriales se multiplient, portées par des campagnes ciblées et des offres adaptées à la saison hivernale. Les plateformes numériques permettent d’élargir la clientèle, d’écouler rapidement les stocks et d’anticiper les pics de demande liés aux matchs à forte audience.
Pour de nombreux opérateurs, cette période représente une opportunité économique majeure. Recrutements temporaires, ajustement des stocks, optimisation de la logistique : la compétition impose son tempo et oblige les commerçants à une grande réactivité. Si les marges unitaires demeurent parfois limitées, l’effet volume compense largement, surtout durant la phase de groupes et les rencontres décisives.
Entre opportunité et pari commercial
Ce marché reste toutefois étroitement lié à l’aléa sportif. Une élimination prématurée peut rapidement rendre certains produits plus difficiles à écouler, exposant les commerçants à des risques de surstock ou de baisse de valeur. Conscients de cette incertitude, beaucoup assument néanmoins ce pari, misant sur la puissance de l’émotion collective et sur la visibilité immédiate qu’offre un événement continental de cette ampleur.
Au-delà des chiffres, la CAN 2025 s’affirme comme un catalyseur de l’économie locale. Dans les villes hôtes, la circulation monétaire s’intensifie, l’activité commerciale gagne en fluidité et l’emploi temporaire progresse. Les étals et les vitrines deviennent alors des prolongements naturels des tribunes, où le textile, la couleur et l’accessoire traduisent une même passion partagée.
À travers ce commerce effervescent, la CAN révèle ainsi une autre facette de son impact : celle d’un événement capable de synchroniser l’émotion populaire et la dynamique économique, bien avant le coup de sifflet final.
Avec MAP
