Huile d’olive non conforme : 58 affaires devant la justice après les contrôles sanitaires

Les contrôles renforcés menés par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) ont conduit à la transmission de 58 dossiers à la justice pour commercialisation d’huile d’olive impropre à la consommation. Ces affaires interviennent en pleine saison de trituration, une période marquée par une forte affluence de produits sur les marchés et une vigilance accrue des autorités.
Selon l’ONSSA, cette phase de l’année coïncide avec un pic de production et de commercialisation de l’huile d’olive, accentué cette saison par une récolte abondante. Cette situation a entraîné une baisse des prix, mais aussi une multiplication des risques de fraude et de non-conformité, justifiant un dispositif de contrôle renforcé.
Des autorisations encadrées et des analyses systématiques
Jusqu’à fin décembre 2025, l’ONSSA a délivré 727 autorisations sanitaires aux unités de trituration d’huile d’olive, y compris celles spécialisées dans l’extraction de l’huile de grignon, communément appelée « fitour ». Ces autorisations sont accordées conformément aux procédures légales en vigueur, a précisé Khadija Arif, cheffe du service de contrôle des produits végétaux et d’origine végétale à l’ONSSA.
En parallèle, un programme annuel de surveillance est déployé, avec un accent particulier durant la saison de production. Des échantillons d’huile sont régulièrement prélevés chez les producteurs, dans les points de vente et sur les marchés, puis analysés dans des laboratoires spécialisés afin de vérifier leur conformité aux normes sanitaires et de qualité.
Les contrôles sont également réalisés dans le cadre des commissions locales mixtes, chargées de veiller aux conditions de stockage, d’exposition et de commercialisation, et de lutter contre les pratiques frauduleuses.
Fitour : un produit strictement réglementé
Les saisies récentes ont ravivé le débat autour du « fitour », résidu solide issu du pressage des olives. Contrairement à une idée répandue, le fitour n’est pas un produit alimentaire en tant que tel. Son utilisation est strictement encadrée par la loi et limitée à des unités agréées pour l’extraction d’huile de grignon.
La réglementation en vigueur repose notamment sur le décret n°2.14.268 du 29 janvier 2015 et l’arrêté conjoint n°293.16 du 2 février 2016, qui définissent les caractéristiques physiques, chimiques et organoleptiques des huiles d’olive et des huiles de fitour commercialisées.
Ce que le consommateur doit savoir sur les huiles
Les huiles d’olive destinées à la consommation sont classées en plusieurs catégories, selon leur mode d’extraction et leur acidité. Les huiles d’olive vierges, obtenues uniquement par procédés mécaniques sans traitement chimique, se déclinent en huile vierge extra, vierge et vierge courante, avec des seuils d’acidité strictement définis.
À côté de celles-ci existent les huiles d’olive raffinées et les huiles issues d’un mélange d’huile raffinée et d’huile vierge, également réglementées. Les huiles de fitour, quant à elles, proviennent du traitement des résidus de trituration, souvent à l’aide de solvants, et ne peuvent en aucun cas être commercialisées comme « huile d’olive vierge ».
Toute vente d’huile de grignon sous une appellation trompeuse constitue une infraction grave, rappelle l’ONSSA, et expose les contrevenants à des poursuites judiciaires.
Un appel à la vigilance des consommateurs
Face à ces pratiques, les autorités sanitaires appellent les consommateurs à redoubler de vigilance, notamment en privilégiant les huiles étiquetées, traçables et issues de circuits formels. Les prix anormalement bas, l’absence d’étiquetage ou les mentions floues sur l’origine et la catégorie de l’huile doivent alerter.
Ces contrôles et poursuites judiciaires s’inscrivent dans une démarche de protection de la santé publique et de préservation de la qualité d’un produit emblématique de l’alimentation marocaine.
Avec snrtnews
