Éducation : le CNDH alerte sur les difficultés persistantes de l’école marocaine

Dans son rapport annuel sur la situation des droits de l’homme en 2024, le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) dresse un diagnostic préoccupant du système éducatif marocain. L’institution souligne que la réforme engagée à travers la vision stratégique 2015-2030 n’a pas encore produit les transformations attendues.
Selon le rapport, une grande partie du temps prévu pour cette réforme a déjà été consommée, alors que les déséquilibres structurels de l’école marocaine persistent.
Des difficultés structurelles toujours présentes
Le CNDH pointe plusieurs problèmes qui continuent de fragiliser le système éducatif, notamment l’abandon scolaire, le redoublement, la surcharge des classes et la faiblesse des acquis fondamentaux des élèves.
Le rapport souligne également l’ampleur des disparités territoriales, en particulier en matière d’infrastructures scolaires et de disponibilité d’enseignants qualifiés.
Une réforme ralentie par des retards et des changements de cap
Parmi les facteurs expliquant ces difficultés, l’institution évoque le décalage entre l’adoption de la vision stratégique en 2015 et l’entrée en vigueur de la loi-cadre en 2019, censée encadrer sa mise en œuvre.
Le CNDH estime que ce retard a réduit le temps disponible pour déployer les mesures prévues.
Le rapport évoque également les changements successifs de responsables et d’orientations politiques, qui auraient parfois conduit à l’abandon ou à la modification de certains programmes, compliquant le travail des acteurs du système éducatif.
Des indicateurs encore préoccupants
Malgré certains progrès, plusieurs indicateurs restent préoccupants. Le taux de préscolarisation atteint 80,1 %, ce qui signifie qu’une partie des enfants âgés de quatre à cinq ans reste encore en dehors du système éducatif.
Le rapport signale aussi plus de 33 000 abandons scolaires au cours de l’année étudiée, ainsi que des retards dans la révision des programmes et des formations pédagogiques.
Un enjeu central pour l’avenir
Pour le CNDH, ces difficultés continuent de limiter la capacité du système éducatif à garantir le droit à une éducation de qualité pour tous.
L’institution estime ainsi que l’amélioration de l’école marocaine demeure un chantier prioritaire, alors que l’échéance de 2030 fixée par la stratégie nationale se rapproche.
