
Dans un contexte international marqué par de fortes turbulences sur les marchés de l’énergie, le Maroc assure disposer de stocks pétroliers permettant de couvrir entre 30 et 60 jours de consommation nationale, selon les produits concernés.
Une situation jugée maîtrisée par les autorités, mais qui rappelle la dépendance structurelle du Royaume aux importations énergétiques et l’importance stratégique de ses capacités de stockage.
Des réserves jugées suffisantes à court terme
La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a indiqué que les stocks nationaux restent dans une situation jugée normale malgré les tensions internationales. Selon les estimations officielles, la majorité des produits pétroliers disponibles dans le pays permettent de couvrir environ 30 jours de consommation.
Ce niveau peut toutefois dépasser 60 jours pour certains produits, si l’on inclut les cargaisons actuellement en transit ou présentes dans les ports marocains.
Ces volumes constituent un filet de sécurité destiné à garantir l’approvisionnement du marché national dans un environnement énergétique devenu particulièrement volatil.
Une cellule de veille pour sécuriser l’approvisionnement
Face aux incertitudes liées notamment aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le ministère a activé une cellule de veille dédiée au suivi quotidien des marchés énergétiques.
Cette structure coordonne son action avec les opérateurs du secteur afin d’anticiper toute perturbation et d’assurer la continuité des approvisionnements. Elle avait déjà été mobilisée lors de précédentes crises logistiques ou climatiques pour sécuriser les flux d’importation et maintenir le niveau des stocks.
Parallèlement, le Maroc s’appuie sur plusieurs partenariats avec des pays fournisseurs, notamment dans les régions du Golfe et en Amérique du Nord, afin de diversifier ses sources d’approvisionnement et limiter l’impact des perturbations internationales.
Un marché libéralisé censé absorber les chocs
Depuis la libéralisation du secteur des hydrocarbures en 2015, l’approvisionnement repose essentiellement sur les importations et les opérateurs privés. Selon le ministère, ce modèle dispose de mécanismes permettant d’absorber les fluctuations du marché international et d’éviter les ruptures d’approvisionnement.
Les distributeurs renouvellent en permanence leurs stocks par de nouvelles commandes, ce qui permet de maintenir un niveau de réserve constant malgré la consommation quotidienne.
Le défi structurel du stockage énergétique
Malgré ces assurances, la question du stockage stratégique reste un enjeu majeur pour la sécurité énergétique du pays.
La réglementation prévoit que les distributeurs doivent théoriquement détenir 60 jours de stocks de sécurité pour les produits pétroliers raffinés, un niveau qui reste difficile à atteindre de manière permanente sur le marché national.
Dans un contexte de tensions géopolitiques et de volatilité des prix du pétrole, cette question pourrait revenir au cœur du débat énergétique marocain.
Car si les réserves actuelles permettent de sécuriser l’approvisionnement à court terme, la consolidation des capacités de stockage reste un levier essentiel pour renforcer la résilience énergétique du Royaume face aux crises internationales.
