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+6,8 milliards DH de TVA attendus: la flambée des carburants dope aussi les recettes fiscales

La hausse des prix de l’énergie, alimentée par les tensions au Moyen-Orient, pèse sur le pouvoir d’achat mais génère en parallèle des recettes fiscales supplémentaires pour l’État, notamment à travers la TVA et la taxe intérieure de consommation (TIC).

Le choc sur les marchés internationaux a été rapide et marqué. Le baril de pétrole est passé de 70 à 100 dollars, tandis que le gasoil a enregistré une hausse encore plus forte, de 717 à 1.260 dollars la tonne. Le gaz butane a également progressé, atteignant 751 dollars la tonne. Cette inflation des prix se répercute mécaniquement sur les recettes fiscales, en particulier la TVA appliquée aux importations et aux ventes locales.

En 2025, la TIC sur les produits énergétiques a généré 20,53 milliards de dirhams, en hausse de 14,2% par rapport à 2024. De son côté, la TVA à l’importation a atteint 63,16 milliards de dirhams, soit une progression de 8,2%. Toutefois, une baisse ponctuelle des cours avant l’escalade du conflit a temporairement réduit les recettes liées spécifiquement aux produits énergétiques.

Les prévisions budgétaires pour 2026, basées sur un baril à 65 dollars, sont désormais dépassées. La TVA sur les produits énergétiques, initialement estimée à 14,2 milliards de dirhams, pourrait finalement excéder 21 milliards, soit un surplus de 6,8 milliards.

En parallèle, l’État a renforcé les mesures de soutien pour contenir l’impact sur les ménages et les entreprises. La subvention du gaz butane a été fortement relevée, les prix de l’électricité maintenus stables, et une aide directe accordée aux professionnels du transport. L’ensemble de ces dispositifs représente un coût mensuel estimé à 1,648 milliard de dirhams.

Sur une année, si ces mesures sont maintenues, la facture atteindrait près de 16,5 milliards de dirhams. Une partie de ce coût est toutefois compensée par les recettes fiscales additionnelles liées à la hausse des prix. Après prise en compte de ce surplus, l’effort net pour les finances publiques serait ramené à moins de 10 milliards de dirhams.

Au final, la crise énergétique produit un effet ambivalent : elle fragilise le pouvoir d’achat tout en renforçant, en partie, les ressources budgétaires. La TVA joue ici un rôle central, transformant la hausse des prix en recettes, sans pour autant effacer totalement le coût des mesures de soutien.

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