Revolut au Maroc : l’implantation suspendue à l’agrément de BAM

La néobanque britannique entièrement digitale Revolut prépare son entrée sur le marché marocain. Son dossier d’agrément est actuellement en discussion auprès de Bank Al-Maghrib. Le projet est piloté depuis Casablanca par Yacine Faqir, ancien cadre de Mastercard, dans un contexte marqué par des enjeux de régulation, de concurrence bancaire et de transformation des usages financiers.
Avec plus de 40 millions d’utilisateurs dans le monde et une valorisation dépassant 30 milliards de dollars, Revolut poursuit son expansion internationale après une percée en Afrique du Sud. Le Maroc est identifié comme un marché attractif, notamment en raison du poids des transferts des Marocains résidant à l’étranger, qui ont dépassé 117 milliards de dirhams en 2024. Ces flux sont aujourd’hui encore fortement impactés par les frais et les conditions des opérateurs traditionnels.
Dans le secteur fintech, plusieurs experts estiment que l’arrivée de Revolut pourrait intensifier la concurrence, en particulier sur les transferts internationaux et les paiements en ligne. Le modèle 100% digital, sans frais de tenue de compte et basé sur des taux de change en temps réel, est présenté comme un facteur de rupture potentiel sur le marché bancaire local.
Le cadre réglementaire constitue toutefois un point central du dossier. Les discussions avec Bank Al-Maghrib sont engagées, mais les conditions d’obtention d’un agrément bancaire restent considérées comme exigeantes. Certains experts estiment qu’un partenariat avec une banque locale pourrait constituer une option plus probable qu’une licence bancaire directe à court terme.
Le contexte d’entrée est celui d’un secteur bancaire marocain concentré, où cinq grands groupes détiennent une part majoritaire des actifs et des dépôts. L’arrivée d’un acteur digital comme Revolut est ainsi perçue à la fois comme un facteur de modernisation des services financiers et comme un potentiel bouleversement des équilibres existants, notamment sur les segments liés à la diaspora et aux usages numériques.
Avec Challenge

