Conserves de sardines: tensions dans les rayons des grandes surfaces

Les conserves de sardines se font de plus en plus rares dans certaines grandes et moyennes surfaces marocaines. Sans parler de pénurie généralisée, les professionnels de la filière reconnaissent des tensions d’approvisionnement liées à la baisse des captures et à une demande en forte hausse.
Dans plusieurs enseignes à Casablanca et Témara, les rayons dédiés aux sardines en conserve sont parfois totalement vides depuis plusieurs jours. Lorsqu’un réassort arrive, les produits disparaissent rapidement, poussant certains consommateurs à acheter plusieurs boîtes à la fois pour constituer des stocks.
À l’inverse, les commerces de proximité semblent pour l’instant moins touchés par ces perturbations, plusieurs épiciers affirmant continuer à recevoir leurs livraisons normalement.
Selon l’Union nationale des industries de la conserve de poisson (UNICOP), cette situation s’explique principalement par les difficultés d’approvisionnement en matière première. Les captures de sardines ont fortement reculé ces deux dernières années, passant de plus de 670.000 tonnes en 2023 à environ 402.000 tonnes en 2025, soit une baisse proche de 40%.
Cette contraction des volumes intervient au moment où la demande explose, notamment sous l’effet des réseaux sociaux. Les recettes virales autour des sardines en conserve, largement relayées sur TikTok, ont contribué à populariser davantage un produit déjà très consommé au Maroc.
Pour l’UNICOP, la situation varie toutefois selon les circuits de distribution et les enseignes. L’organisation assure qu’une amélioration de l’approvisionnement est attendue après l’Aïd, tout en reconnaissant que la filière traverse une période de fortes tensions depuis près de trois ans.
La dépendance de l’industrie marocaine à la sardine rend le secteur particulièrement vulnérable. Cette espèce représente à elle seule environ 80% de l’activité nationale de conserverie de poisson.
Le recul des stocks est directement lié aux changements climatiques et au réchauffement des eaux atlantiques. La sardine pilchardus, principale espèce exploitée au Maroc, reste très sensible aux variations de température. Des eaux plus chaudes perturbent notamment l’upwelling atlantique, phénomène essentiel à la disponibilité du plancton et à la concentration des bancs de poissons.
Les professionnels du secteur craignent désormais qu’un nouvel épisode El Niño attendu d’ici la fin de l’année ne vienne accentuer encore davantage la pression sur les captures, les coûts de production et les disponibilités sur le marché local.
Avec Le360
