Masse monétaire : la liquidité progresse de 11,8% et soutient la consommation des ménages

La masse monétaire au Maroc poursuit sa progression. Selon les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib, l’agrégat M3 a atteint 2.119,9 milliards de dirhams à fin avril 2026, en hausse de 11,8% sur un an, contre 10% un mois auparavant. Une évolution qui traduit une circulation accrue de liquidités dans l’économie et qui influence directement le comportement de consommation des ménages.
D’après la Banque centrale, cette accélération est principalement portée par une croissance plus soutenue du crédit bancaire au secteur non financier, dont la progression est passée de 6,3% à 8,1%, ainsi que par l’augmentation des créances nettes sur l’administration centrale, qui ont progressé de 10,1% contre 2,8% auparavant.
Les avoirs officiels de réserve continuent également d’afficher une forte hausse, avec une progression annuelle de 20,3%.
Dans le détail, la croissance de la masse monétaire reflète surtout l’augmentation de la monnaie fiduciaire en circulation, hors encaisses bancaires, qui progresse de 18,4%, contre 17% précédemment. Les dépôts à vue enregistrent également une accélération à 12,2%, tandis que les placements dans les OPCVM monétaires bondissent de 24,1%.
À l’inverse, les comptes à terme poursuivent leur recul, avec une baisse de 2,7%, signe que les épargnants privilégient davantage la liquidité immédiate que le blocage de leur épargne sur des périodes longues.
Plus d’argent disponible, plus de consommation potentielle
Pour le consommateur, cette évolution n’est pas anodine. Une hausse de la masse monétaire signifie généralement que davantage de liquidités circulent dans l’économie, soit parce que les ménages disposent de plus d’argent sur leurs comptes, soit parce qu’ils accèdent plus facilement au crédit.
Les chiffres de Bank Al-Maghrib montrent ainsi que les actifs monétaires des ménages progressent de 8,8%, contre 8,4% auparavant. Cette évolution est portée par la hausse des dépôts à vue, l’augmentation des placements monétaires et le ralentissement de la baisse des comptes à terme.
Concrètement, lorsque les ménages disposent de davantage de liquidités immédiatement mobilisables, ils ont tendance à augmenter leurs dépenses de consommation, notamment pour les biens durables, l’équipement du foyer, l’automobile, les loisirs ou encore les services.
Cette dynamique peut également soutenir le recours au crédit à la consommation, particulièrement dans un contexte où les banques financent davantage l’économie.
Un signal positif, mais à surveiller
Une progression soutenue de la masse monétaire est généralement interprétée comme un signe de dynamisme économique, puisqu’elle accompagne souvent la hausse de l’investissement, de la consommation et de l’activité des entreprises.
Cependant, lorsque la quantité d’argent en circulation augmente plus rapidement que la production de biens et services, elle peut également alimenter des tensions inflationnistes. Pour les consommateurs, cela signifie qu’une partie du gain de liquidité peut être absorbée par la hausse des prix.
À ce stade, les données publiées par Bank Al-Maghrib traduisent surtout une économie où les ménages et les entreprises privilégient la liquidité et la disponibilité immédiate des fonds, dans un contexte de reprise du crédit et de redynamisation progressive de la demande intérieure.
