Sécurité alimentaire : 866 millions de personnes tombent malades chaque année, les enfants paient le plus lourd tribut

À l’occasion de la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments, célébrée le 7 juin, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur persistante des maladies d’origine alimentaire dans le monde. Selon de nouvelles estimations couvrant la période 2000-2021, près de 866 millions de personnes tombent chaque année malades après avoir consommé des aliments contaminés, tandis que 1,5 million en meurent.
Les enfants de moins de cinq ans apparaissent comme les principales victimes de ce phénomène. Alors qu’ils ne représentent que 9% de la population mondiale, ils concentrent près d’un tiers des cas de maladies d’origine alimentaire. Leur risque de tomber malade après avoir consommé des aliments dangereux est près de trois fois supérieur à celui des enfants plus âgés et des adultes.
L’OMS souligne que les maladies diarrhéiques restent la principale menace pour cette tranche d’âge, mais les risques ne s’arrêtent pas là. L’exposition à certains contaminants chimiques présents dans les aliments, notamment le plomb, l’arsenic inorganique ou le méthylmercure, peut provoquer des atteintes neurologiques irréversibles et compromettre durablement le développement cérébral des enfants.
L’étude révèle que les risques biologiques, notamment les bactéries, virus et parasites, sont responsables de la majorité des maladies recensées, avec environ 860 millions de cas enregistrés en 2021. En revanche, les contaminants chimiques représentent la part la plus importante des décès liés à l’alimentation. À eux seuls, l’arsenic inorganique et le plomb sont associés à plus d’un million de décès par an à travers leurs effets sur les maladies cardiovasculaires et certains cancers.
Au-delà du coût humain, les conséquences économiques sont considérables. L’OMS estime que les maladies d’origine alimentaire ont entraîné en 2021 une perte de productivité évaluée à 310 milliards de dollars. Une fois corrigée des différences de pouvoir d’achat entre les pays, cette facture grimpe à près de 647 milliards de dollars.
Si la charge mondiale des maladies d’origine alimentaire a globalement reculé depuis le début des années 2000, les disparités régionales demeurent importantes. L’Afrique et l’Asie du Sud-Est concentrent à elles seules près des trois quarts des cas recensés dans le monde et 60% des décès.
Pour l’organisation onusienne, plusieurs facteurs continuent d’aggraver la situation, notamment les inégalités d’accès à l’eau potable, à l’assainissement, aux soins de santé et aux systèmes de contrôle sanitaire des aliments. Les changements climatiques et la progression de la résistance aux antimicrobiens constituent également de nouvelles menaces qui compliquent la lutte contre les infections alimentaires.
Face à cette situation, l’OMS appelle les gouvernements à renforcer les contrôles tout au long de la chaîne alimentaire, à améliorer les pratiques agricoles et industrielles, à investir davantage dans les systèmes de surveillance et à mieux coordonner les politiques de santé, d’agriculture et d’environnement.
L’organisation insiste également sur la nécessité d’adopter une approche intégrée dite « Une seule santé », qui considère simultanément la santé humaine, animale et environnementale. Selon elle, la sécurité alimentaire ne relève pas uniquement de la qualité des produits consommés, mais constitue désormais un enjeu majeur de santé publique, de développement économique et d’équité sociale à l’échelle mondiale.
Avec who.int
