
Le rejet par la Chambre des conseillers de deux propositions de loi portant sur le plafonnement des prix des carburants et la reprise par l’État des actifs de la Samir provoque une vive réaction dans le secteur du transport routier. Les syndicats professionnels dénoncent une décision qui, selon eux, ignore les difficultés économiques des transporteurs et les préoccupations liées au coût de l’énergie.
Réunis au sein d’une coordination nationale, plusieurs syndicats du transport de marchandises ont exprimé leur « profonde indignation » après le rejet de ces textes. Pour les professionnels, cette décision intervient alors que les coûts du carburant continuent de peser lourdement sur la rentabilité des entreprises de transport et sur l’ensemble de la chaîne logistique.
Les organisations syndicales estiment que les deux propositions répondaient à des préoccupations récurrentes du secteur. La première visait à mieux encadrer l’évolution des prix des carburants, tandis que la seconde portait sur la récupération par l’État des actifs de la Samir, seule raffinerie du pays à l’arrêt depuis plusieurs années.
Pour les transporteurs, le rejet de ces mesures traduit un manque de prise en compte des conséquences de la hausse des coûts énergétiques sur les professionnels et sur le pouvoir d’achat des ménages. Ils accusent également la majorité gouvernementale de privilégier les intérêts des opérateurs pétroliers au détriment des secteurs les plus exposés aux fluctuations des prix de l’énergie.
La question de la Samir demeure particulièrement sensible. Les syndicats considèrent que la remise en activité de la raffinerie pourrait contribuer à renforcer la sécurité énergétique nationale, améliorer les capacités de stockage stratégique du pays et réduire l’exposition aux variations des marchés internationaux. Même si les experts divergent sur l’impact réel qu’aurait une reprise de la raffinerie sur les prix à la pompe, le dossier continue d’alimenter le débat public.
Au-delà de la dimension énergétique, c’est l’ensemble du modèle économique du transport routier qui se retrouve au centre des préoccupations. Les professionnels rappellent que le carburant représente l’un des principaux postes de dépenses du secteur. Toute hausse prolongée se répercute directement sur les marges des entreprises et, à terme, sur les coûts de transport supportés par l’économie.
Face à cette situation, la coordination syndicale appelle à une mobilisation accrue des professionnels et n’exclut pas le recours à de nouvelles formes de protestation. Une grève nationale figure parmi les options évoquées si aucune réponse n’est apportée aux revendications du secteur.
Ce nouvel épisode illustre une nouvelle fois la place centrale qu’occupe la question énergétique dans l’économie marocaine. Entre maîtrise des prix, sécurité d’approvisionnement et compétitivité des entreprises, le débat dépasse largement le seul secteur du transport et touche directement à la capacité du pays à concilier croissance économique et préservation du pouvoir d’achat.
Avec Al Ahdath Al Maghribia
