“L’ACQUÉREUR DE 2019 N’A RIEN À VOIR AVEC CELUI DES ANNÉES 2000”

Le marché immobilier a connu d’importants changements durant les 20 dernières années.
Analyse de William Simoncelli, DG du Carré Immobilier

Comment percevez-vous l’évolution du comportement du consommateur marocain et son rapport avec l’immobilier au cours de ces 20 dernières années ?

L’acquéreur des années 2000 n’ rien à voir avec celui de 2018. Je suis souvent choqué de voir le niveau élevé de connaissances de certains clients sur tous ces sujets immobiliers. L’acquéreur d’aujourd’hui est non seulement sachant, mais il est aussi devenu très exigeant face à une offre abondante
est très diverse. Son comportement face à une décision d’achat ou d’investissement est plus dans la prudence que dans l’émotion ou l’affect, plus dans la raison et la mesure. Il calcule au dirham près, ne s’enflamme que très rarement et peut renoncer sans aucun regret. L’acquéreur d’aujourd’hui
a nettement gagné en sagesse. Enfin, ce que je peux dire, c’est qu’une certaine distance s’est imposée au fil du temps entre l’acquéreur et l’immobilier.
Hausse spectaculaire des prix puis stagnation depuis quelques années, demande hyper forte et aujourd’hui suroffre, autant de changements radicaux
qui font se poser la question de l’intérêt d’acheter de l’immobilier.

Que préfèrent les marocains : Acheter ou louer ?

Depuis quelques années, nous assistons à un réel engouement pour la location. Cela a commencé au début des années 2000, avec une nouvelle proposition d’immobilier d’entreprise, le locatif. Plus souple, plus adéquate, moins capitalistique, cette tendance existe aux Etats-Unis, en Europe, en Asie depuis plus de 30 ans. Depuis, de nombreux acteurs ont émergé avec succès, créant des parcs d’immeubles de bureaux, d’entrepôts ou encore des centres commerciaux. Concernant l’immobilier résidentiel, c’est plus récent. La tendance au locatif s’est accentuée et l’offre résidentielle a explosé ces dernières années, notamment due aux méventes, les propriétaires arbitrant par dépit pour la location, ce qui a eu pour effet pervers d’agir à la baisse sur les loyers. Par ailleurs, bien que la demande soit de plus en plus présente face à un prix de l’immobilier toujours élevé, elle ne suffit pas à absorber cette offre croissante. Aujourd’hui, quelques soient les standings, l’accès à la propriété s’est nettement compliquée, cumulant des contraintes souvent difficile a surmonté pour bon nombre d’acquéreur ; prix élevé, coût du crédit, offre peu
adaptée aux besoins. La question est « Le locatif peut-il être une alternative
crédible à l’accès au logement ? »

Quels facteurs décisifs dans l’acte de l’achat ? Qu’en est t-il du critère prix ? Est-il toujours déterminant ?

Par le passé, le prix mais aussi l’emplacement, l’ensoleillement, la vue, la disponibilité, les matériaux… étaient de facteurs décisifs dans l’acte d’achat. Aujourd’hui et plus que jamais le critère du prix préside à la décision d’acquisition. Tous les professionnels de l’immobilier vous le diront, nous sommes dans un marché de prix, au dirham près. Les négociations sont âpres et parfois féroces entre acquéreur et vendeur. Avec un rapport de force en faveur de l’acquéreur face à l’abondance de l’offre. Aucun marché, et aucun standing n’échappe aux discussions sur le prix, les programmes neufs y compris. D’ailleurs, bon nombre de promoteurs ont d’ores et déjà pris leurs précautions en anticipant cette négociation dans leurs prix de mise en vente. Notre marché a radicalement changé, l’acquéreur est devenu exigeant et soucieux de la qualité de son investissement. Aujourd’hui, la solution pour contenter un acquéreur et réussir une vente, est de lui proposer un bien en rapport avec ses besoins et adapté à ses moyens.

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