Nouveau modèle de développement

Financement TPE, les prémices d’une nouvelle ère

Après une bataille de longues années pour l’accès au financement, les TPME peuvent souffler un ouf de soulagement. le secteur bancaire a répondu à l’appel du roi Mohammed VIà travers le programme intégré  d’appui au financement. un intérêt particulier a été accordé à ces structures et la mobilisation est totale pour faire aboutir ce chantier.

A. l’occasion de l’ouverture de la première session de la 4ème année législative de la 10ème législature, le roi a exhorté le secteur bancaire national
à une implication positive plus vigoureuse dans la dynamique de développement que connaît le Maroc, appelant le gouvernement et Bank Al-Maghrib à oeuvrer, en coordination avec le groupement professionnel des banques du Maroc, à la mise au point d’un programme spécial d’appui aux jeunes diplômés, de financement des projets d’autoemploi.
Suite aux hautes orientations Royales, le nouveau programme intégré d’appui et de financement des entreprises a vu le jour.
Un ensemble de mécanismes et offres proposés dont l’objectif est la création d’environ 27.000 nouveaux postes d’emplois et à l’accompagnement de 13.500 entreprises supplémentaires. Plafonné à 1,2 MDH, ce produit est proposé avec des taux d’intérêt qui ne dépasse pas les 2% assorti d’une garantie de la CCG pouvant atteindre 80%.
De par leur contribution au tissu économique et social avec plus de 90% de l’ensemble des entreprises, 50% des emplois, 30% des exportations et 40% de l’investissement privé, les TPE jouent un rôle économique et social considérable. En dehors de leur poids économique, les TPE disposent d’un grand potentiel de créer de l’emploi et de la richesse et permettent la lutte contre le chômage et l’inclusion sociale.
La majorité de ces entreprises réalise un chiffre d’affaires qui ne dépasse pas les 3 MDH.
Pendant de longues années, ces structures n’étaient pas ou peu desservies par le secteur bancaire. Ainsi, l’accès au financement figure en tête des difficultés dont souffrent les TMPE et handicapent leur développement.

OBSTACLES CONTRAIGNANTS

Selon une enquête du HCP, environ 7 entreprises sur 10 n’accèdent pas aux crédits bancaires sachant que l’écrasante majorité est constituée de TPE. Autre chiffre révélateur : le financement est un obstacle sévère pour 40% des TPME, selon l’enquête du HCP sur les entreprises au titre de l’année 2019.
Le HCP relève aussi que 27% des TPME ont demandé un crédit auprès d’une institution bancaire au cours des trois dernières années. Pour les chefs d’entreprises sondés, les deux facteurs les plus déterminants pour l’accès au financement bancaire, à savoir les garanties exigées et le taux d’intérêt, se sont davantage resserrés en 2019. Une autre enquête de Bank Al Maghrib sur les microentreprises et les TPE vient confirmer cet état de
fait. En effet, la banque centrale estime que face aux problèmes de trésorerie, les TPME recourent à 82% à l’entourage et aux règlements différés auprès des fournisseurs (crédit interentreprises).
L’enquête montre également, que pour le choix de l’offre de financement, le coût des crédits est le principal critère de décision (58%), suivi de la souplesse accordée en cas de difficulté de paiement (34%) et du montant de la traite (31%).

UNE BANQUE PUBLIQUE POUR TMPE?

La « CCG » va devenir la « société de garantie et de financement des entreprises». L’annonce a été faite dès juillet dernier. La transformation juridique de la CCG, prévue par le projet de loi 36.20, devait déboucher sur sa conversion en une société anonyme dont le capital est détenu totalement par l’Etat. Elle gardera sa vocation de financer les PME et les TPE par l’intermédiaire des prêts garantis, dans le cadre de convention de financement
conclu entre son Conseil d’administration et le gouvernement. Concernant son fonctionnement, le ministre de l’Economie et des Finances, Mohammed Benchaâboun, a expliqué aux députés lors de son passage au Parlement que son champ d’action pourrait s’élargir au-delà du système de crédits-garanties pour inclure d’autres types de financement tel que « le financement complémentaire », au profit d’entreprises ou d’établissements publics ayant un besoin. Mohammed Benchaâboun a précisé aussi que la nouvelle société adoptera un mode de gestion plus autonome, identique à celui des banques.
Aujourd’hui, le tempo a été donné et la feuille de route est tracée et le programme Intelaka a une obligation de résultats. Mais « il y a encore du chemin à parcourir », estime Zakaria Fahim, expert comptable et président de l’association de l’union des Auto-Entrepreneurs.

MANQUE DE COMMUNICATION

Depuis quelques années, beaucoup d’incitations ont mises en place tant de la part des pouvoirs publics que du secteur privé et les banques ont commencé à accorder plus d’intérêt à ce types d’entreprises surtout avec l’engagement de la CCG et de la banque centrale. En 2018, les crédits accordés par les Banques et les sociétés de financement aux TMPE ont atteint 179 milliards de DH, soit 37% de l’encours des crédits aux entreprises. Les crédits garantis par la CCG aux TPME ont même triplé en 2019 ave un total de 27.400 crédits octroyés totalisant 26,4 milliards de DH en hausse
de 148%. Mais d’après les professionnels cela n’est pas suffisant. «Les TPME ne mettent pas encore à profit ces solutions qui leur sont destinées », juge un banquier de la place. Motif avancé : «la plupart des managers sont mal informés et ignorent même l’existence des offres d’aide et des mécanismes de garantie pour l’accès au financement. Et ceci est dû au manque de communication établissements de gestion des aides et garanties ».

INTELAKA, LENTEMENT MAIS SÛREMENT !

Selon le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, c’est un total de 1,9 milliard de dirhams (MMDH) de crédits qui a été accordé dans le cadre du programme ‘‘Intelaka’’, au profit de 9.443 bénéficiaires au 15 novembre 2020.
L’enveloppe a bénéficié aux entrepreneurs individuels à hauteur de 47% et aux TPE pour 53%. En outre, 86% des bénéficiaires sont des hommes et 14% des femmes et 79% des citadins et 21% des ruraux. Par secteur, le commerce arrive en tête (25%), devant l’agriculture (14%), l’industrie (13%), les services (13%) et le tourisme (10%). Par ailleurs, environ 60% ont obtenu une enveloppe de financement inférieure ou égale à 100.000 DH, 26% entre 100.000 et 300.000 DH, 6% entre 300.000 et 500.000 DH, 8% au-delà, sachant que le crédit est plafonné à 1,2 million de DH. Ces crédits ont permis de créer 1.689 entreprises, avec à la clef 28.004 emplois potentiels. Concernant le rejet des dossiers de financement «Intelaka», Abdellatif Jouahri a
précisé que le taux a atteint à 19%, citant ainsi les principaux motifs de rejets déclarés par les banques, à savoir un niveau d’endettement élevé du promoteur, un contentieux et historique défavorable auprès des confrères, une qualité et rentabilité du projet insuffisantes, un manque significatif d’expertise du promoteur dans le cadre de projets qui exigent une technicité spécifique, un refus des clients de justifier leurs demandes par des factures, devis, bons et/ou reçus ou encore un décalage très important entre le montant demandé et la réalité du projet de l’entreprise. «Ces données suggèrent sans aucun doute une insuffisance dans l’accompagnement des porteurs de projets au niveau local dans le domaine notamment de la formation et de l’appui technique », a estimé le Wali de BAM, soulignant que cet accompagnement « reste essentiel » pour rehausser les résultats de ce programme.

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