Nouveau modèle de développement

Fahim: Les TPME se méfient des programmes de financement mis en place

« Il est fondamental de mettre en place du Small Business Act qui regroupera l’ensemble des dispositifs de soutien aux TPME »

Zakaria Fahim, président de l’association de l’Union des auto-entrepreneurs

En quoi le dispositif Intelaka est-il différent par rapport aux autres programmes mis en place auparavant ?
C’est le début d’une grande révolution. Pour la première fois, le financement est appuyé par l’accompagnement pour l’accès au marché. Avant on donnait l’argent et on ne suit pas. Aujourd’hui, s’adosser à des experts comptables et comptables agréés permettra aux bénéficiaires de mieux maîtriser leur gestion.
Cet accompagnement permettra aussi de s’assurer que cet argent est utilisé à bon escient pour améliorer les insuffisances de l’entreprise. Selon l’OCDE, quand le financement est assorti avec de l’accompagnement, de la formation et de l’accès aux marchés, le taux d’échec et le risque est divisé par 10. Et pour atteindre les objectifs escomptés et pousser les TPME à franchir le pas, il faut accorder un intérêt particulier à la communication ciblée. La TPE a ses propres spécificités. Pour que la communication autour du projet soit efficace et les managers osent frapper encore les portes des banques, il faut les rassurer et leur apporter toutes les informations nécessaires ça d’une part. D’autre part, le partage de bonnes expériences est primordial pour encourager l’adhésion.
La digitalisation de tous les services et procédures pour toucher l’ensemble des régions du royaume est nécessaire pour la réussite du programme.

Outre le financement, quelles sont les difficultés qui entravent le développement des TPME ?
Les TPME font face à de nombreux obstacles aujourd’hui. On note un cadre réglementaire et judiciaire déficient, un manque de garanties, difficultés
d’accès aux marchés, problème des délais de paiement … et surtout il y a le climat de défiance. On a fait tellement d’erreurs, que les TPME ont une grande défiance vis-à-vis des programmes mis en place. Les banques se méfient de leur côté des TMPE qui ne sont pas suffisamment transparentes et ne donnent pas d’informations assez fiables surtout que la plupart négligent le volet comptabilité, contrôle de gestion… et se concentrent sur le business. Résultat : la TPE subit des déséquilibres structurels qui entravent son développement, son organisation et sa continuité.

Que préconisez-vous pour redresser la barre ?
A mon avis, Il est fondamental de mettre en place du Small business Act qui regroupera l’ensemble des dispositifs de soutien aux TPME, startups, pour les rendre plus lisibles.
Il faudra aussi être dans le collectif et aller vers une logique d’écosystème plutôt que l’écosystème et adapter la réglementation pour plus d’efficacité. Le développement des financements alternatifs (business angels, bourse, private equity, crowdfunding…), est aujourd’hui une nécessité.

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