L’Unedic table sur une baisse du chômage en 2011

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C’est une donnée qui va peser sur la négociation de la future convention d’assurance chômage désormais prévue en janvier : la situation financière de l’Unedic reste négative malgré l’amélioration de l’emploi et la baisse du nombre des chômeurs indemnisés prévues en 2010 et en 2011. Son déficit cumulé, plus faible que celui prévu en septembre, atteindra quand même 11 milliards d’euros fin 2011.

Les dernières prévisions du régime ont été présentées mercredi 15 décembre au bureau de l’organisme paritaire. Dans la foulée, son président, Gaby Bonnand (CFDT), s’est réjoui du fait que “l’amélioration de l’emploi et la diminution du nombre des chômeurs se voient assez rapidement sur l’équilibre financier de l’Unedic”. “Le déficit est bien moins important que ce qui avait été prévu début 2010”, a-t-il ajouté. “On reste quand même dans une situation très déficitaire”, a nuancé le vice-président de l’institution, Geoffroy Roux de Bézieux (Medef), en soulignant que l’essentiel de l’amélioration résultait d’un redressement des recettes lié au redémarrage de l’emploi salarié.

Pour 2010, l’Unedic a revu à la hausse sa prévision globale de demandeurs d’emploi (87 000 contre 57 100 prévus en septembre). Pour 2011, en revanche, elle prévoit une diminution accrue du nombre des sans-emploi : – 128 000 au lieu de – 87 500. Pendant ces deux années, le nombre de chômeurs indemnisés par le régime dépassera deux millions.

Un bilan des dix-huit premiers mois d’application (avril 2009-septembre2010) de la Convention de 2009 signée par la seule CFDT a été présenté mercredi. Cette convention, qui prend fin le 31 mars 2011, a apporté deux changements principaux dans le calcul des droits des chômeurs : l’ouverture d’une filière courte d’indemnisation à quatre mois (122 jours), dont 253 000 personnes, et parmi elles de nombreux jeunes, ont bénéficié ; le passage à une filière unique dans laquelle la durée d’indemnisation est égale à la durée d’affiliation.

Droits rechargeables

Au cours des dix-huit premiers mois d’application de la convention, observent dans leur conclusion les statisticiens de l’Unedic, ces deux dispositions nouvelles ont coûté 1,2 milliard d’euros au régime d’assurance chômage.

Le patronat verra sûrement dans ce surcoût une raison supplémentaire de s’en tenir au simple renouvellement de la Convention de 2009, sans l’améliorer.

Les syndicats ne l’entendent pas de cette oreille. La CFDT veut soulever la question des droits rechargeables à indemnisation, qu’elle estime à la fois favorable aux chômeurs et très incitative à la reprise d’emploi. La CGT défend toujours l’idée d’une modulation des cotisations patronales en fonction de la politique d’emploi des entreprises. Elle veut, comme d’autres syndicats, revenir sur la question de la précarité et de son coût financier pour l’Unedic.

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