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Écoles françaises au Maroc : la hausse des frais met les familles sous pression avant la rentrée 2026

La rentrée 2026 s’annonce plus coûteuse pour de nombreux parents d’élèves du réseau français au Maroc. En cause : une hausse des frais de scolarité qui, selon plusieurs associations, pourrait représenter jusqu’à 10.000 dirhams supplémentaires par an et par enfant, en additionnant les nouveaux montants et les prélèvements associés. Une augmentation jugée brutale par une partie des familles, qui dénoncent un manque de visibilité, de concertation et de transparence.

Mardi matin, à Rabat et à Kénitra, des rassemblements ont eu lieu devant plusieurs établissements du réseau, dont Descartes, Saint-Exupéry, André-Chénier, Paul-Cézanne, Albert-Camus… Les parents mobilisés parlent d’un tournant difficile à absorber, dans un contexte où le coût de la scolarité était déjà élevé.

Un nouveau palier financier… et un “droit d’inscription annuel” inédit

Le mécontentement ne porte pas uniquement sur l’augmentation en elle-même, mais aussi sur l’introduction d’un élément nouveau : des droits d’inscription annuels, une mesure présentée comme inédite dans le système français à l’étranger.

Pour les familles, cette décision alourdit mécaniquement la facture globale, en s’ajoutant aux frais déjà payés chaque année. Dans plusieurs établissements, les associations de parents estiment que l’ensemble peut peser lourdement sur les budgets, en particulier pour les foyers ayant plusieurs enfants scolarisés dans le réseau.

Un réseau dense au Maroc, mais une accessibilité de plus en plus discutée

Le réseau de l’enseignement français au Maroc s’inscrit dans l’ensemble piloté par l’AEFE, qui compte plus de 600 établissements dans le monde. Au niveau national, le Maroc dispose d’une présence importante, avec une soixantaine d’établissements et une quarantaine d’écoles homologuées.

Mais cette densité ne suffit plus à rassurer les parents, car l’enjeu est désormais celui de l’accessibilité. Dans certains établissements, les frais annuels atteignent déjà des niveaux élevés, pouvant varier selon les cycles et les statuts des élèves, ce qui nourrit une inquiétude croissante sur la capacité des classes moyennes à suivre le rythme.

Paris invoque l’équilibre budgétaire, les parents dénoncent une logique “comptable”

Côté autorités françaises, la justification est principalement budgétaire : le financement public du réseau se réduit progressivement, et les établissements doivent absorber davantage de charges, notamment celles liées aux personnels expatriés et aux pensions civiles.

Sur le terrain, les parents disent comprendre le contexte, mais contestent la réponse choisie. Plusieurs élus associatifs décrivent une décision prise dans l’urgence, avec une mise en œuvre rapide et un calendrier difficilement tenable pour des familles déjà engagées dans un parcours scolaire long.

Le point de rupture : la méthode, plus que le principe

Un élément revient dans les discours des parents mobilisés : ce n’est pas seulement l’effort demandé qui choque, mais la manière dont il a été décidé.

Beaucoup évoquent une rupture de confiance liée à :

  • l’absence de concertation suffisante,
  • la faible lisibilité des nouveaux prélèvements,
  • la superposition de contributions difficiles à distinguer,
  • et l’impression que les familles supportent l’essentiel de l’ajustement.

Certains parents redoutent également un effet “double paiement”, en particulier autour des contributions liées aux pensions civiles, dont l’articulation avec d’autres mécanismes existants est jugée floue.

“On paye plus, mais on ne voit pas l’amélioration” : la question de la transparence

Au-delà des chiffres, les familles demandent une clarification sur l’usage des fonds. Plusieurs associations soulignent un décalage entre les montants collectés et les améliorations perçues au quotidien : taille des classes, stabilité des équipes, projets pédagogiques ou infrastructures.

Cette question de transparence devient centrale, d’autant que les décisions structurantes sont prises au niveau du conseil d’administration de l’AEFE, où l’État dispose d’un poids déterminant, alors même que le financement repose de plus en plus sur les parents.

Un risque de décrochage des classes moyennes

L’inquiétude principale concerne désormais l’avenir du modèle. Les parents alertent sur un scénario progressif : à force de hausses répétées, l’enseignement français au Maroc pourrait devenir un système moins mixte socialement, plus difficile d’accès, et donc moins attractif pour une partie des familles franco-marocaines et marocaines.

Le risque est aussi scolaire : pour certains élèves, changer de système en cours de parcours (collège/lycée) peut être complexe, notamment en raison des langues, des programmes et de la continuité vers l’enseignement supérieur.

Ce que réclament les familles : visibilité, trajectoire claire et dialogue

Dans l’attente de réponses plus détaillées, les associations demandent :

  • une trajectoire pluriannuelle lisible sur l’évolution des frais,
  • un dialogue structuré avec les représentants des parents,
  • une transparence accrue sur les contributions et leur utilisation,
  • et une gouvernance plus ouverte sur des décisions qui engagent des milliers de familles.

Une question domine désormais les discussions : jusqu’où les parents pourront-ils suivre ?

Avec Le Matin

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