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Volaille : les professionnels évoquent une éventuelle hasse des prix à l’approche du Ramadan

À l’approche du Ramadan, le marché de la viande blanche pourrait entrer dans une zone de turbulence. Les producteurs de volaille mettent en garde contre une tension croissante sur la chaîne d’approvisionnement, liée à une raréfaction de certains intrants destinés à l’alimentation animale. Une situation qui, si elle se prolonge, risque de peser sur les coûts de production… et de se répercuter sur les prix à la consommation.

Dans un contexte où la demande en protéines augmente traditionnellement durant cette période, l’Association nationale des producteurs de viande de volaille affirme que plusieurs acteurs du secteur font face à des difficultés d’accès aux matières premières nécessaires à la fabrication des aliments composés.

Ruptures dans l’aliment : les éleveurs sous pression financière

Selon les professionnels, des usines d’aliments pour volailles connaissent des ruptures ou des tensions d’approvisionnement, rendant l’accès à la nourriture animale plus compliqué pour les éleveurs. La filière estime que cette contrainte, déjà observée certaines années à l’approche des périodes de forte consommation, prend cette fois une ampleur plus préoccupante.

L’association avertit que ces perturbations fragilisent les exploitations avicoles, exposées à des charges supplémentaires et à une incertitude sur la continuité de production. Elle appelle ainsi à des mesures préventives pour éviter un déséquilibre brutal du marché.

Une dépendance massive aux importations

Au-delà de la conjoncture, la filière rappelle une réalité structurelle : l’aviculture marocaine dépend fortement de l’extérieur. Selon un avis du Conseil de la concurrence publié en décembre 2024, plus de 90% des tourteaux de soja et de maïs utilisés dans les aliments composés sont importés.

Cette dépendance rend la production très sensible aux aléas internationaux : volatilité des cours, disponibilité des matières premières, fluctuations logistiques et retards dans les circuits d’approvisionnement.

Ports, retards et inflation : les facteurs qui aggravent la tension

Les producteurs pointent également les contraintes logistiques, notamment au niveau des ports. En janvier 2026, des retards de quatre à cinq jours auraient été enregistrés dans le déchargement de certaines cargaisons, contribuant à renforcer la pression sur l’offre.

À cela s’ajoute un environnement inflationniste plus large. L’inflation alimentaire moyenne s’est située à 7,8% sur les neuf premiers mois de 2025, un niveau qui pèse directement sur les charges de production.

Les professionnels citent aussi la hausse des coûts annexes. Exemple marquant : le prix de la balle de paille aurait grimpé à 40–42 dirhams, contre 7–12 dirhams habituellement. Un indicateur supplémentaire, selon eux, d’un renchérissement qui dépasse le simple effet saisonnier.

Un enjeu sensible pour le pouvoir d’achat

La situation est d’autant plus sensible que la volaille occupe une place centrale dans l’alimentation des ménages. Le secteur assure plus de 55% de l’apport national en protéines animales et constitue, pour de nombreux foyers, une alternative à la viande rouge, dont les prix restent élevés.

Dans ces conditions, toute perturbation prolongée de la production ou des approvisionnements pourrait se traduire par une hausse des prix, avec un impact direct sur le pouvoir d’achat, particulièrement pendant le Ramadan.

Avec Maroc Diplomatique

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