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Ramadan : la consommation au cœur de la bataille des prix, selon les associations de consommateurs

À l’approche du mois de Ramadan, la question du pouvoir d’achat revient, comme chaque année, au centre des préoccupations. Entre ruée sur certains produits, spéculation, météo capricieuse et contrôles publics jugés inégaux, le marché entre dans une zone de forte sensibilité. Pour Bouazza Kherrati, président de la Fédération des associations de protection des consommateurs, une partie de la réponse se trouve aussi du côté des ménages : une consommation plus rationnelle peut contribuer à limiter les tensions sur les prix.

Globalement, le marché aborde cette période dans une situation jugée plutôt stable, avec des niveaux d’approvisionnement considérés comme suffisants pour les produits les plus demandés. L’exception la plus visible concerne la sardine, dont les prix dépassent des seuils élevés, tandis que certaines hausses restent observées sur les légumes. En cause, notamment, les perturbations climatiques, qui compliquent les récoltes et renchérissent les coûts de main-d’œuvre, avec un impact direct sur les étals.

Intermédiaires, achats impulsifs : une mécanique inflationniste bien connue

Le responsable associatif pointe également le rôle des circuits informels et des intermédiaires, souvent accusés de pousser artificiellement les prix vers le haut. Mais il insiste sur un autre facteur, souvent sous-estimé : la pression créée par les comportements d’achat. Lorsque la demande explose sur quelques produits précis, le marché s’ajuste immédiatement, et rarement dans le sens du consommateur.

Pour lui, l’enjeu n’est donc pas uniquement de produire davantage ou de multiplier les annonces, mais aussi de casser la logique de surconsommation qui s’installe à l’approche du mois sacré. Une discipline collective sur les quantités achetées pourrait, selon lui, peser sur l’équilibre offre-demande et réduire les hausses opportunistes.

Viandes rouges : stabilisation plus que baisse

Sur le dossier sensible des viandes rouges, le constat est plus prudent. Les mesures engagées par les pouvoirs publics n’auraient pas permis de faire reculer les prix, mais elles auraient au moins freiné leur escalade. Bouazza Kherrati estime que les effets réels ne peuvent pas être immédiats, car ils dépendent du cycle de production et d’un soutien durable à l’élevage, dont les résultats se mesurent sur plusieurs années.

Miser sur les circuits organisés pour sécuriser prix et qualité

La lutte contre les “chennaka” et les pratiques spéculatives ne peut pas, selon lui, se limiter à des opérations ponctuelles. Tant que l’informel domine une partie de la distribution, les mêmes mécanismes reviendront. La solution passerait alors par une structuration progressive des circuits et par une orientation plus nette des consommateurs vers des canaux organisés, où la traçabilité, la salubrité et la protection économique sont mieux garanties.

Dans cette logique, le consommateur devient un acteur central : ses choix d’achat peuvent encourager un modèle plus transparent… ou au contraire renforcer les circuits qui tirent les prix vers le haut.

Exportations agricoles : une inquiétude récurrente, mais relativisée

Autre sujet qui alimente régulièrement le débat avant Ramadan : l’impact des exportations sur le marché local. Sur ce point, Bouazza Kherrati se veut rassurant. Il estime que les exportations concernent surtout certains produits spécifiques, notamment les fruits rouges, et non les denrées essentielles du panier quotidien. Pour des produits très consommés comme la tomate, il évoque plutôt un équilibre entre marché intérieur et débouchés extérieurs, l’export pouvant aussi soutenir la filière et maintenir la production.

Adapter ses habitudes pour limiter la pression

Dans un appel à la responsabilité, le président de la Fédération recommande également des alternatives simples pour éviter une pression excessive sur certains produits, comme le recours au concentré de tomate lorsque le frais devient trop cher. En parallèle, il plaide pour un renforcement réel des contrôles afin de lutter contre les hausses jugées abusives, particulièrement sur les produits à forte consommation durant Ramadan.

Protection du consommateur : le cadre légal à remettre à niveau

Enfin, Bouazza Kherrati estime que la protection du consommateur doit évoluer au même rythme que les marchés. Il appelle à une mise à jour du dispositif juridique, notamment face à l’essor du commerce en ligne et aux nouveaux modes de vente. Selon lui, la régulation doit devenir plus réactive et mieux adaptée aux transformations numériques, afin de mieux encadrer les pratiques commerciales et renforcer les droits des acheteurs.

Avec Finances News Hebdo

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