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Clubhouse va-t-il bouleverser les règles de l’influence?

Personnalités politiques, marques et médias tentent de s'installer sur ce réseau social, non sans difficultés. Exit l'image et les faux-semblants, ici tout se veut authentique.

Il faut le dire, Clubhouse n’est pas très attrayante aux premiers abords. Disponible seulement sur iPhone, l’application est encore en phase de bêta test et n’offre que très peu de possibilités de création. Son fonctionnement est simple: on communique par la voix au sein de rooms, des salles de discussions organisées par les utilisateurs.

Cela n’a pas empêché les plus grands noms de la tech, des médias et même certaines grandes marques de s’y installer pour faire partie des early adopters, ces premiers explorateurs prêts à se lancer dans un nouvel eldorado virtuel. On retrouve ainsi, tout au long de la journée, des rooms dédiées à l’actualité, au développement personnel ou encore à la formation.

Il est ainsi possible d’observer des marques expertes sur de micro-sujets tels que la nutrition ou les produits de beauté vegans aux commandes de rooms qui traitent de l’information. Cette forme d’influence fascine autant qu’elle inquiète. Peut-on réellement se diversifier et transformer une marque en un média en ligne, le tout sans perdre en légitimité?

«Une autre opportunité»

Francois Nicolle, directeur scientifique de l’Observatoire de l’influence, estime que l’opération comporte un risque. «Pour moi, une marque qui se veut spécialiste dans son domaine n’a pas réellement d’intérêt à devenir un média généraliste sur une application comme Clubhouse, tout simplement parce qu’on ne peut pas être expert en tout, détaille-t-il. Il y a un risque de préjudice pour la marque, son cœur de métier et son expertise pourraient être mis en doute.»

Pour Caroline Mignaux, co-fondatrice de Secret Ch, un site dédié à l’application, la plateforme est pourtant une réelle opportunité à saisir pour les marques et les créateurs de contenu. Suivie par plus de 11.500 personnes en moins de deux mois, cette entrepreneuse est désormais une influenceuse à part entière. Elle précise: «L’application permet aux marques de se diversifier, d’innover et de se renouveler. C’est un lien nouveau, intime, avec de potentiels prospects ou des clients existants. Une autre opportunité réside dans l’émergence de nouveaux utilisateurs intéressés par la création de contenus originaux, au service des marques et médias. En influence, les enjeux sont toujours les mêmes: générer de la preuve sociale, de l’engagement, de la visibilité… et du contenu neuf.»

Selon les deux experts, les marques et les médias auraient tout intérêt à s’installer sur l’application tant que leur démarche reste cohérente avec leur identité. Et bien sûr, qui dit influence, dit également influenceurs.

Pour François Nicolle, «on ne sait pas quels genres d’influenceurs vont réellement devenir populaires. Si Clubhouse devient un réseau professionnel, les influenceurs seront des experts. Si l’application se tourne vers le divertissement, les influenceurs auront un rôle plus généraliste. Pour cette dernière option, il y a un risque. Tous les géants du web se lancent sur ce créneau (Twitter, Spotify, Facebook) et travaillent actuellement sur de nouvelles fonctionnalités audio similaires à Clubhouse. Ils se positionnent donc en concurrents directs et la compétition sera rude.»

Cependant, une chose est sûre: le profil type de l’influenceur de Clubhouse diffère de celui qu’on peut retrouver sur d’autres réseaux sociaux, tels qu’Instagram ou TikTok. L’audio conduit à des formats plus simples avec des influenceurs spécialistes de leur domaine, au contenu exclusif et qualitatif. D’ailleurs, cette qualité de contenu ne nécessite pas forcément de préparation, ni matériel spécifique, ni post-production, et c’est sûrement la grande force du réseau. L’interaction naturelle entre les utilisateurs permet d’agrémenter la room qui, très souvent, trouve son chemin au fil des apports extérieurs.

Source: Slate.fr

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