Au Maroc, chaque habitant jette en moyenne 113 kg de nourriture par an

Le gaspillage alimentaire demeure un problème important au Maroc. Selon les données présentées par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), chaque Marocain jette en moyenne 113 kilogrammes de nourriture par an, un phénomène qui représente un défi économique, social et environnemental pour le pays.
Au total, les ménages marocains ont jeté environ 4,2 millions de tonnes de denrées alimentaires en 2022, ce qui illustre l’ampleur du phénomène. Cette question a été mise en lumière lors d’une rencontre organisée par le CESE autour de son avis intitulé « Pertes et gaspillage alimentaires au Maroc : ampleur du phénomène et enjeux pour une intervention efficace ».
Pour Abdelkader Amara, président du CESE, les pertes et le gaspillage alimentaires constituent un enjeu majeur car ils touchent l’ensemble de la chaîne alimentaire. Certaines filières agricoles enregistrent des pertes importantes, notamment les fruits, les légumes et les céréales, où les pertes peuvent atteindre entre 20 % et 40 % durant les phases de production, de récolte, de stockage et de transport.
Au-delà de leur coût économique, ces pertes exercent également une forte pression sur les ressources naturelles. Selon les données présentées par le Conseil, plus de 1,6 milliard de mètres cubes d’eau sont mobilisés chaque année pour produire des aliments qui ne seront finalement jamais consommés.
Le phénomène est particulièrement visible pendant le mois de Ramadan, période durant laquelle les achats alimentaires dépassent souvent les besoins réels des ménages, entraînant une augmentation du gaspillage.
Face à cette situation, le CESE appelle à intégrer la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires au cœur d’une future stratégie nationale pour une alimentation durable. L’objectif serait de renforcer la sécurité alimentaire, préserver les ressources naturelles et promouvoir un modèle de consommation plus responsable.
L’institution recommande également la mise en place d’un plan d’action spécifique pour lutter contre ce phénomène. Parmi les mesures proposées figurent l’adoption d’une loi contre le gaspillage alimentaire, l’harmonisation des dates de péremption sur les produits et le développement d’infrastructures permettant de mieux valoriser les denrées périssables.
Le CESE suggère notamment la création d’unités locales de transformation des récoltes, y compris des mini-unités mobiles, afin de réduire les pertes agricoles et de valoriser les produits avant qu’ils ne se détériorent.
À travers ces recommandations, l’institution souhaite encourager une approche globale impliquant les pouvoirs publics, les producteurs, les distributeurs et les consommateurs, afin de réduire durablement le gaspillage alimentaire au Maroc.
